La Calypso accueille 530 élèves de secondaire I et secondaire II. Cette «thérapie-choc» se veut d'abord une réponse à des gestes d'intimidation qui ont été posés dans les murs de l'école depuis le début de l'année scolaire. Elle survient aussi en marge du suicide fort médiatisé de la jeune Marjorie Raymond.
«Ce n'est pas directement relié, mais disons qu'on ne pouvait demander meilleur timing, avoue Manon Belzile, directrice de l'école. Lors d'une rencontre de notre conseil d'établissement la semaine dernière, les parents nous ont demandés quelle était notre plus importante préoccupation. On a répondu l'intimidation, qui touche beaucoup plus d'élèves que la consommation, par exemple.»
Faire vivre l'intimidation
La direction a demandé la collaboration des membres du personnel pour effectuer une intervention particulière visant à faire vivre à tous les élèves ce que l'on peut ressentir quand on fait l'objet d'intimidation. À la récréation matinale, ils se sont divisés en petits groupes et ont effectué divers gestes d'intimidation envers les élèves afin de les sensibiliser aux conséquences.
Ils ont donc bloqué des accès, déplacé des tables de jeu, isolé des élèves… le tout sans ne jamais émettre un son ni même prononcer un mot. N'ayant pas été avertis de cette manœuvre, les élèves étaient plutôt perplexes devant ces agissements pour le moins étranges. La scène était surréaliste à observer. Le malaise était palpable.
Le point avec les élèves
Par la suite, tous les élèves ont été conduits au gymnase pour les groupes de secondaire I et à la salle à manger pour ceux de secondaire II. Ils ont été rencontrés par leur directrice respective (Nancy Létourneau pour ceux de secondaire II) et un policier. Elles ont d'abord projeté le court film Loser aux élèves, avant de faire le point avec eux sur l'intimidation.
Dans le groupe de secondaire I, Mme Belzile a notamment fait lever la main aux personnes qui avaient déjà été intimidées, et plusieurs mains se sont levées même parmi le personnel. Elle a ensuite fait lever la main aux élèves qui avaient déjà intimidé. Puis, aux témoins silencieux. Dans chaque cas, plusieurs élèves ont levé la main.
Tolérance zéro
«Au cours des deux dernières semaines, il est arrivé à plus d'une reprise que des groupes de 10, 15 ou plus traquent un élève. Je ne peux pas laisser faire ça. Nous sommes intervenus chaque fois qu'on l'a su. J'ai aussi invité des policiers ici aujourd'hui (qui ont répondu aux questions d'élèves), parce que ça peut avoir des conséquences pour l'intimidateur au niveau de la Loi sur les jeunes délinquants. On incite les victimes à porter plainte à la police quand c'est sérieux», a notamment déclaré Manon Belzile, qui avait l'attention de tous les élèves.
Puis, elle a invité tous les élèves à aider l'école à combattre l'intimidation. D'abord, en disant aux intimidateurs d'arrêter, autant de la part des victimes que des témoins trop souvent silencieux.
«Ceux qui veulent s'impliquer pourront aussi le faire. On veut former un comité avec des intervenants et des élèves pour se donner des idées pour prévenir l'intimidation à l'école. Vous allez aussi recevoir un document qui s'adresse aux parents pour faire le point avec eux sur l'intimidation. En tout temps, je vous invite à communiquer avec Madame Jessica (Thériault, travailleuse de corridor) s'il y a quelque chose qui ne va pas. À La Calpyso, l'intimidation, c'est tolérance zéro», a insisté Manon Belzile.
L'Harricana agit
Cette intervention n'est que l'un des nombreux gestes effectués par la Commission scolaire Harricana et ses écoles pour contrer l'intimidation. D'autres actions sont réalisées dans le cadre de la planification stratégique, des formations sont données aux enseignants sur la violence, le dernier rendez-vous RAP a traité exclusivement du sujet et a donné des trucs. De plus, la majorité des écoles possèdent un plan d’intervention locale pour contrer la violence.
Il est possible de consulter le dépliant sur l'intimidation remis aux parents sur le site internet de La Calypso.



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