Le projet d’abord estimé à 5,5 M $ ne progresse plus depuis que le ministère des Affaires municipales a placé la municipalité, qui effectue les travaux en régie, sous enquête. Chacune des factures a été vérifiée et revérifiée. Un processus qui s’est étiré sur plusieurs mois et tout n’est pas encore réglé, puisqu’il reste à déterminer dans quelle proportion les dépassements de coûts (environ 2 M $) seront assumés par chacun des partenaires, le ministère des Transports étant aussi impliqué dans le projet.
«Je ne blâme pas le ministère d’avoir des doutes, ils ne nous connaissent pas. Ce n’est pas normal, mais il faut comprendre tout le climat de méfiance qui existe actuellement dans le secteur de la construction ainsi qu’envers le gouvernement et les municipalités. S’ils ont trouvé certaines erreurs, on ne nous reproche aucune irrégularité. Il ne manque pas d’argent et tout ce qui a été dépensé, l’a été pour les travaux», a assuré le maire, qui a donné l’heure juste à plus de 80 citoyens au sous-sol de l’église de Landrienne, le 24 mai.
Pas avant septembre
Refusant de chercher un coupable dans tout cet imbroglio, le maire et son conseil sont plutôt à la recherche de solutions pour faire avancer le dossier. Les travaux sont exécutés à environ 75 pour cent. Plus de 65 pour cent des 366 familles qui seront desservies par le nouveau réseau y sont déjà raccordées et le bassin d’épuration est fonctionnel. Il en reste pour trois mois à effectuer.
«On a adopté un règlement d’emprunt (2,9 M $) pour terminer les travaux. On attend l’autorisation du ministère des Affaires municipales pour aller de l’avant. Cette fois-ci, on va confier les travaux à un entrepreneur. Mais même si on obtenait l’autorisation du ministère demain matin, on ne pourrait commencer les travaux avant le mois de septembre, en raison des délais pour la confection des cahiers de charge, de l’appel d’offres, etc.», a prévenu François Lemieux, en précisant que la municipalité a engagé 500 000 $ de frais depuis que les travaux sont arrêtés, dont 180 000 $ juste en intérêts sur les emprunts.
Réduire l’impact
D’ici à ce que les travaux puissent reprendre, le conseil municipal de Landrienne a décidé d’amoindrir les impacts de l’arrêt décrété en décembre 2009.
«On va faire des réparations, mettre du gravier, niveler certains endroits et mettre de l’abat-poussière. L’an dernier, on ne l’a pas fait (sauf l’abat-poussière) parce qu’on pensait reprendre les travaux durant l’été. Cette fois-ci, on n’attendra pas. On vous comprend de vous poser des questions et de vous plaindre de la poussière, de l’image du village et des autres problèmes que ça peut vous occasionner», a affirmé le maire.


