«Dès le départ, j'avais de sérieux doutes sur mes chances de participer au Pro Tour, mais j'avais quand même espoir. Graduellement, j'ai réalisé la gravité de mes blessures ainsi que le temps de récupération qui serait long. C'est en parlant aux médecins que j'ai pris la décision d'oublier le reste de la saison», a confié l'athlète de 26 ans, qui s'est fracturé mâchoire et dents lors d'une chute au critérium des Championnats canadiens sur route, le 26 juin.
Une décision qui n'a pas nécessairement été facile à prendre pour Keven Lacombe, qui croyait en ses chances de faire encore mieux que l'an dernier. En 2010, il avait obtenu le meilleur résultat québécois, avec une 24e place.
«L'an dernier, malgré des problèmes de santé (mononucléose), j'avais réussi à bien revenir pour la fin de la saison. Cette saison, j'aurais été beaucoup plus performant. Toute la saison avait été pensée en fonction de Québec, parce que je croyais aux chances de SpiderTech de remporter cette course. Alors c'est certain que je suis déçu. L'an dernier, il manquait seulement un kilomètre pour me rendre au sprint. Cette année, j'étais en bien meilleure forme», a-t-il indiqué.
Retour à l'entraînement
Côté réadaptation, donc, le pire est passé pour l'Amossois. «Je suis en processus de guérison. Il me reste encore des interventions à subir pour réparer mes dents, mais cela devrait être mineur par rapport à ce que j'ai subi pour les fractures», a-t-il précisé.
D'ailleurs, il a repris l'entraînement au cours des dernières semaines. Au moment de notre entretien, la semaine dernière, il avait déjà effectué trois sorties. «Il est certain que la forme n'est pas à son meilleur, mais ça reviendra vite, je ne suis pas inquiet», a-t-il assuré.
«Quelques fois, il arrive qu'on repousse la limite trop loin et que des accidents arrivent. Mais c'est cette attitude qui m'a permis de performer au niveau international, alors je ne regrette rien» - Keven Lacombe
Et s'il a fait une croix sur le restant de sa saison de vélo, Keven Lacombe n'écarte pour autant la possibilité de faire quelques courses automnales. «Si jamais la forme va bien, j'aimerais bien en faire quelques-unes pour revenir à un niveau compétitif dès que possible», a souligné Keven Lacombe.
Affecté mentalement, mais…
Assez difficile de conclure cette entrevue sans aborder la question qui tue. Croit-il que cet accident aura des incidences sur son approche de la course, sur sa façon de négocier les virages en peloton? La réponse est assez éloquente.
«Après une chute pareille, il est impossible que ça ne m'affecte pas mentalement, a-t-il admis. Mais comme ce n'est pas la première fois que ça m'arrive, je sais qu'après quelques courses ce sera oublié. Quand la victoire est à portée de main, le désir de gagner devient si grand que l'adrénaline d'une fin de course fait tout oublier et on se concentre sur une chose: gagner. Et en vélo, pour gagner, il faut prendre certains risques. Souvent, c'est serré, mais il n'y a pas de chute. Quelques fois, il arrive qu'on repousse la limite trop loin et que des accidents arrivent. Mais c'est cette attitude qui m'a permis de performer au niveau international, alors je ne regrette rien. Quand je cours, c'est avec la 1re place en tête, alors je donne tout!»



