Julien Turcotte a relevé son défi

Martin
Martin Guindon
Envoyer à un ami

Envoyer cet article à un ami.

Il se remet d'un cancer du cerveau et réussit un demi-triathlon

À peine remis d'un cancer du cerveau, alors qu'il reçoit toujours des traitements de chimiothérapie, l'Amossois Julien Turcotte a relevé son défi de réussir un demi-triathlon, le 4 août, lors du 10e Triathlon Agnico-Eagle de Val-d'Or.

L'exploit est peu banal. Le 16 octobre dernier, alors qu'il commençait son premier entraînement à vélo sur un rouleau qu'il venait d'acheter, il a pédalé pendant 12 minutes avant de se réveiller au sol, victime vraisemblablement d'une première crise d'épilepsie.

«À l'urgence, on m'a fait passer un scanner. La neurologue a tout de suite suggéré qu'il puisse s'agir d'un gliome, mais il faut une résonnance magnétique pour poser ce diagnostic. Deux semaines plus tard (l'appareil d'imagerie à résonnance magnétique est mobile en Abitibi-Témiscamingue), le diagnostic était confirmé. Il s'agissait d'un gliome de stade 3, donc cancéreux», raconte Julien Turcotte, qui avait alors 26 ans.

Transféré à Montréal, il a été opéré au cerveau le 17 novembre. On lui a retiré une masse et une partie du lobe frontal du côté droit. Et c'est au lendemain de cette délicate intervention qu'il a pris la décision de se préparer pour le triathlon de cet été. «Au réveil de ma chirurgie, j'ai dit à ma copine que c'était là que je verrais si je suis guéri», se souvient-il.

Source de motivation

Il a donc entrepris de se préparer pour son deuxième demi-triathlon (750 mètres de nage, 20 km de vélo et 5 km de course à pied), lui qui avait participé à son premier, en août 2011, à Val-d'Or. «Je faisais surtout de la nage. Ça faisait longtemps qu'un ami m'avait proposé d'essayer un triathlon avec lui. C'est venu plus tard finalement, quand j'ai senti que j'étais capable de courir. J'ai acheté mon premier vélo de route l'an dernier. J'ai réussi mon premier demi-triathlon à Val-d'Or», précise Julien Turcotte.

L'idée de répéter l'exploit cette année est donc vite devenue une grande source de motivation pour lui. Il a repris l'entraînement graduellement avec un plan élaboré par sa belle-sœur, la paracycliste Geneviève Ouellet, qui est aussi kinésiologue. Ça lui a permis de passer à travers les traitements de radiothérapie et de chimiothérapie débutés en janvier.

L'importance d'être en forme

«Le traitement s'est bien passé. Au début, j'étais assez en forme pour m'entraîner. J'ai bien récupéré aussi après la chirurgie. Il faut dire que j'étais en forme comme je ne l'avais jamais été quand c'est arrivé. Je crois que ça m'a beaucoup aidé pour affronter ça. J'avais plus d'énergie pour combattre la maladie et pour récupérer. Je pense que le meilleur conseil que je pourrais donner aux gens, c'est de se garder en forme. Ça aide à faire face à n'importe quelle situation», confie celui qui dit avoir pu bénéficier d'un excellent support de son entourage et de son employeur.

« Je pense que le meilleur conseil que je pourrais donner aux gens, c'est de se garder en forme. Ça aide à faire face à n'importe quelle situation» Julien Turcotte

Toutefois, Julien Turcotte n'avait pas pris en compte toute la question de la récidive. Pour un cancer comme le sien, le taux de récidive est passablement élevé, à 50 pour cent dans les cinq premières années. Il a donc débuté des traitements de chimiothérapie préventive en juillet, qui dureront six mois. Il a reçu une injection quatre jours avant le triathlon.

«Mon objectif était de le terminer. Si je ne m'étais pas senti assez en forme, je ne l'aurais pas fait. J'ai attendu au dernier moment. En plus, je m'étais foulé une cheville deux semaines auparavant. J'ai réussi. J'ai pris vingt minutes de plus que l'an dernier, mais j'ai réussi. C'est donc mission accomplie pour moi. Reste à savoir pour l'an prochain comment sera mon état de santé. Je vis au jour le jour», affirme-t-il.

Beaucoup de chance

Avec le recul, Julien Turcotte estime qu'il a eu beaucoup de chance dans le drame qui l'accable depuis neuf mois. «J'ai eu la chance d'être en bonne forme physique et que le gliome soit situé dans le lobe frontal, ce qui n'aura affecté que mes émotions et mon inhibition. J'ai eu la chance que ça soit pris assez tôt pour pouvoir être traité», estime celui qui, ne l'oublions pas, a aussi fait preuve d'une grande force de caractère et de beaucoup de détermination pour surmonter cette épreuve.

«15 semaines de chômage, c'est choquant»

Au cours de notre entretien, Julien Turcotte a tenu à faire un petit aparté pour dénoncer le manque de support de l'assurance-emploi pour les personnes en convalescence.

En effet, on s'en doute bien, l'Amossois a dû arrêter de travailler chez son employeur, le Domaine Saint-Viateur à Trécesson, pour des raisons évidentes. N'ayant pas d'assurance-salaire, il a dû se tourner vers l'assurance-emploi.

«Tout ce qu'on nous offre, c'est 15 semaines d'assurance-emploi, ensuite il faut se tourner du côté de la sécurité du revenu. C'en est vraiment choquant. Si ton employeur manque d'ouvrage pour toi, tu as droit à 40 semaines. Mais si tu combats un cancer ou une autre maladie grave, tu as droit à 15 semaines? Qui peut guérir d'une telle maladie en seulement 15 semaines?», a-t-il déploré, invitant sa députée, Christine Moore, à faire des pressions pour corriger cet illogisme.

Pour sa part, il a pu éviter la sécurité du revenu et il a recommencé à travailler à temps partiel, parce qu'il estime avoir un bon employeur. Mais il dénonce cette situation qu'il qualifie d'injuste.

Organisations: Société canadienne du cancer, Triathlon Agnico-Eagle de Val-d'Or

Lieux géographiques: Val-d'Or, Abitibi-Témiscamingue, Montréal Amos

  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5

Merci d'avoir voté

Haut de page

Commentaires

Commentaires