Citoyen de Rouyn-Noranda, Gilles Morisset a pendant 30 ans participé à des compétitions d’équitation un peu partout au Québec et même en Europe. Maintenant à la retraite, il n’a que tout récemment découvert le plaisir de rouler sur deux roues. «J’ai simplement changé de monture, a philosophé le jeune motocycliste.
4900 km dans l’Ouest
Au volant d’une Suzuki Birdman 650, sorte d’hybride entre un scooter et une moto, M. Morisset a connu son baptême du feu en juillet dernier. Il a alors participé à un voyage organisé qui l’a mené, avec 17 autres motocyclistes, de l’Alberta à la Californie, en passant par la Colombie-Britannique et les États de Washington et de l’Oregon. Un parcours de près de 4900 km.
Il ne restait qu’une seule place lorsqu’il s’est inscrit. Et encore, il a dû mentir sur son âge, les organisateurs n’acceptant pas les personnes âgées de plus de 70 ans. «Quand ils ont vu mon passeport, ils ne me croyaient pas tellement je ne fais pas mon âge, a-t-il précisé. En plus, je n’avais même pas cumulé 1000 km d’expérience en moto. Ce que je connaissais des véhicules à deux roues jusqu’alors, c’était le scooter de 500 cc que j’utilise pour me déplacer à ma ferme à Évain.»
S’il leur a causé une surprise, Gilles Morisset s’est lui-même fait jouer un tour. Alors qu’il s’attendait à un voyage d’agrément, c’est plutôt un trek d’endurance qui lui a été servi.
«On a roulé 375 km par jour pendant deux semaines, à la chaleur, la pluie et surtout un paquet de courbes raides. Quand tu vires et que tu as l’impression que ta roue d’en arrière veut toucher celle d’en avant, c’est vraiment du sport. Mais je m’en suis quand même bien tiré», a-t-il relaté.
«On me considère comme un phénomène à cause de mon âge, mais ce n’est pas sorcier. Tu n’as qu’à prendre le guidon et à te laisser aller.» - Gilles Morisset
Dans la poussière de la Turquie
Bien tiré, le mot est faible. Emballé par son expérience, M. Morisset a répété l’aventure en octobre dernier. Cette fois, il a pris part à un trek d’endurance de deux semaines en Turquie. Mais au lieu de sa Suzuki Birdman 650, il a enfourché une Yamaha Drag Star, un modèle conventionnel plus puissant qui ressemble à une Harley Davidson.
«C’était aussi exigeant que dans l’Ouest américain, mais j’ai trouvé ça plus facile parce qu’on prenait notre temps. Par contre, un moment donné, nous avons dû contourner un gros éboulement par un sentier en pleine forêt. On zigzaguait entre des roches grosses comme le poing. Certains ont dérapé ou sont tombés. Pas moi», a-t-il mentionné avec un brin de fierté.
Le trip ultime
À présent, Gilles Morisset souhaite relever un dernier défi avant de revenir à des voyages moins grandioses. Au printemps prochain, il s’envolera pour New Delhi en Inde. De là, il partira pour le Népal à bord d’une Royal Enfield, un modèle de moto qui n’existe plus depuis 20 ans, pour parcourir la route la plus haute du monde, dont le point culminant dépasse les 5500 mètres d’altitude. «C’est le trip ultime qui s’offre à moi et je ne veux pas le rater. Dans 40 ans, je ne serai peut-être plus aussi en forme», a-t-il lancé en riant.
Malgré ses exploits passés et celui qu’il s’apprête à accomplir dans quelques mois, Gilles Morisset demeure modeste. «On me considère comme un phénomène à cause de mon âge, mais ce n’est pas sorcier. Tu n’as qu’à prendre le guidon et à te laisser aller», a-t-il indiqué.


