Le bassin versant du lac Abitibi en péril

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Patrick Rodrigue
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Trop d’eaux usées non traitées s’y déversent

Alors que les deux tiers des municipalités de l’Abitibi-Ouest ne disposent d’aucun système de traitement de leurs eaux usées, le Comité de bassin versant du lac Abitibi (CBVLA) entend demander au gouvernement de revoir les règles pour prioriser les subventions aux petites municipalités. Il en va de l’avenir du lac Abitibi lui-même.

Depuis plusieurs années, le secteur des rives du lac Abitibi autour de Clerval est régulièrement témoin d’éclosions d’algues bleues.

«Authier, Authier-Nord, Chazel, Clermont, Clerval, Gallichan, La Reine, Mancebourg, Normétal, Poularies, Rapide-Danseur, Roquemaure, Sainte-Germaine-Boulé et Val-Saint-Gilles n’ont aucun système d’épuration, indique Jacinthe Châteauvert, vice-présidente du CBVLA. Quelques-unes sont tout de même dotées d’un réseau d’égouts, mais l’eau non traitée s’en va quand même directement dans les cours d’eau qui alimentent le lac Abitibi. En 2012, c’est tout simplement aberrant.»

Pas assez de monde

Face au problème, plusieurs municipalités ont tenté d’obtenir du soutien du ministère des Affaires municipales, des Régions et de l’Occupation du territoire (MAMROT). Son programme d’infrastructures Québec-Municipalités permet en effet de financer jusqu’à 85 pour cent des travaux de construction d’infrastructures de traitement des eaux usées. Mais sans succès réel.

«Elles se sont fait revirer de bord par le MAMROT parce que leur population n’est pas assez élevée. Dans un contexte de resserrement budgétaire, leurs dossiers ne sont donc pas considérés comme prioritaires», dénonce Mme Châteauvert.

Le coût très élevé des études de faisabilité, qui doit être couvert par les municipalités, en rebuterait aussi plus d’une. «Quand tu te fais dire que tu devras débourser 250 000 $ avant même la première pelletée de terre, il y a de quoi te refroidir», fait observer la vice-présidente du CBVLA.

Plus de baignade d’ici 10 ans?

Chaque jour qui passe rend pourtant la situation du lac Abitibi toujours plus préoccupante. Le déversement des eaux usées favorise en effet la prolifération rapide des cyanobactéries, lesquelles génèrent des toxines dans l’eau.

«Au rythme où ça progresse, on craint de ne plus pouvoir se baigner nulle part dans le lac d’ici 10 ans» Jacinthe Châteauvert

«On sait officiellement depuis 2000 que certains secteurs du lac connaissent des épisodes d’algues bleues, mentionne Jacinthe Châteauvert. Cependant, j’ai déménagé en 1988 sur l’île Nepawa et déjà, on en voyait parfois sans savoir ce que c’était. Si on ne fait rien aujourd’hui, au rythme où ça progresse, on craint de ne plus pouvoir se baigner nulle part dans le lac d’ici 10 ans.»

Prioriser les petites municipalités

Le CBVLA entend donc déposer prochainement au MAMROT et au ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs une résolution officielle pour le développement d’un plan d’action conjoint élaboré par les municipalités d’Abitibi-Ouest et les ministères concernés qui conduirait d’ici 10 ans à l’élimination des rejets non traités dans le lac Abitibi.

«Pour résumer, on veut simplement que les projets des petites municipalités se retrouvent sur le dessus de la pile. Les directions régionales des deux ministères sont d’ailleurs prêtes à nous appuyer. On est peut-être loin des grands centres, mais il y a quand même beaucoup de monde qui vit autour du lac et qui en profite», fait savoir Mme Châteauvert.

Organisations: Ministère des Affaires municipales, Parcs

Lieux géographiques: Abitibi, Clermont, La Reine île Nepawa Abitibi-Ouest

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