Pour les étudiants du projet, Roxane Savard, Annick Boissonneault, Alexandre Naud Fournier et Audrey Pigeon, la prostitution relève de l’exploitation sexuelle et non d’un métier comme un autre. «Dans notre travail universitaire, le but général est de faciliter la reconnaissance de ce fait par la population. Ensuite, nous visons trois objectifs: regrouper les citoyens autour du phénomène, comprendre les mythes l’entourant et venir en aide aux femmes», fait valoir Mme Boissonneault.
Cette dernière rencontre souvent d’anciennes prostituées par son travail chez l’organisme Assaut sexuel secours de Val-d’Or. «Les femmes qui viennent nous voir arrivent brisées et démolies. Les utiliser et les payer pour de la sexualité, pour moi, ça ne relève pas d’un consentement. Les femmes en prostitution se ramassent là par manque d’argent, de drogue, elles ont été abusées sexuellement ou battues… Je n’appelle pas cela un choix éclairé», estime Annick Boissonneault.
Question de survie
Pour l’étudiante impliquée chez Assaut sexuel secours, la prostitution devient une question de survie. «Il n’y a pas juste la prostitution de rue, mais celle de fin de mois. Des filles couchent avec leur propriétaire ou avec des clients réguliers pour payer leur loyer, pour survivre, souligne-t-elle. C’est un cercle vicieux, car tu te prostitues pour payer ta drogue, et tu prends de la drogue pour te prostituer.»
Données sur les femmes… et les clients
Afin de dresser le portrait de la situation à Val-d’Or, les membres du comité (huit pour le moment) réaliseront une enquête sur le terrain. «Il y a une recherche sur l’itinérance autochtone avec quelques chiffres en prostitution, mais ce n’est pas le portrait complet. C’est ce qu’on veut faire», précise Annick Boissonneault.
Les étudiants prendront contact avec des prostituées grâce au bouche-à-oreille. «On veut monter un questionnaire, distribué grâce à nos contacts, mais pas trop directif pour échanger avec les femmes», mentionne l’une des étudiantes.
Le groupe désire aussi s’entretenir avec les clients, mais ne savent pas encore comment procéder. «S’il y a de la prostitution, c’est qu’il y a une demande. On aimerait savoir pourquoi ils font cela et le nombre de fois. On pense peut-être les rejoindre par un questionnaire anonyme sur Internet», indique Roxane Savard.
Projets
Outre cette enquête, le comité fera la projection de deux documentaires, L’Imposture et Le plus vieux mensonge du monde, d’ici décembre. «On veut aussi former un groupe d’échanges entre les anciennes et nouvelles prostituées, et peut-être même mettre sur pied un organisme pour venir en aide aux femmes qui veulent s’en sortir», signale Annick Boissonneault.
Pour s’impliquer auprès du comité ou pour des informations, contactez Audrey Pigeon au 856-0118 ou par courriel au audrey.pigeon@uqat.ca.


