La région doit hausser ses salaires

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Patrick Rodrigue
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La pauvreté demeure toujours bien présente

En dépit de la vigueur de son économie, l’Abitibi-Témiscamingue manque de bons salaires à offrir. Si les mines offrent d’excellentes conditions, il en va tout autrement pour bien des gens qui vivent et survivent du salaire minimum.

Harriett McLachlan a profité d’une visite auprès de la parenté qu’elle a encore à Rouyn-Noranda pour prendre le pouls de la région en matière de pauvreté.

C’est le constat qu’a dressé Hariett McLachlan, présidente de l’organisme Canada sans pauvreté. Originaire de Rouyn-Noranda, mais demeurant à Les Cèdres, à l’ouest de Montréal, elle a profité d’une visite chez son oncle, le 12 juillet, pour prendre le pouls de la région auprès des différents organismes qui œuvrent auprès des personnes vivant en situation de pauvreté.

«J’ai vraiment été impressionnée par le réseautage qui existe en Abitibi, a-t-elle lancé, en entrevue. Les organismes font beaucoup d’efforts pour soulager le problème et il y a de belles réussites. Par contre, la base du problème ne change pas. Même si l’économie va bien, trop de gens vivent encore sous le seuil de pauvreté, et ce, même s’ils travaillent. Il faut donc augmenter les salaires pour tout le monde. Quant aux logements, on n’en parle même pas tellement la situation est grave.»

S’attaquer à la racine du problème

Existant depuis une quarantaine d’années, Canada sans pauvreté veut justement s’attaquer à la racine du problème, en se basant sur les droits humains pour inciter les Communes à Ottawa à changer les lois.

«Il existe actuellement plein de programmes qui viennent en aide aux gens pauvres, mais on ne s’attaque pas aux causes du problème, a fait valoir Mme McLachlan. Actuellement, on aide les gens qui sont tombés dans la rivière. Nous, on veut agir en amont pour éviter que les gens tombent.»

«Actuellement, on aide les gens qui sont tombés dans la rivière. Nous, on veut agir en amont pour éviter que les gens tombent» Harriett McLachlan

Douze ans à vivre avec les rats

Lorsqu’elle évoque tous les problèmes liés à la pauvreté, Harriett McLachlan sait d’ailleurs très bien de quoi elle parle. Comme tous les membres du conseil d’administration de son organisme, elle a elle-même vécu l’enfer de la pauvreté.

«Tout a commencé peu après que j’aie quitté le domicile familial, à l’âge de 16 ans. Ça a duré pendant 35 ans, au cours desquels j’ai passé 12 ans à me demander comment joindre les deux bouts. Je vivais alors dans un logement qui n’avait même pas de chambre, à dormir sur une table pour que les rats ne viennent pas me grignoter les pieds. Je suis maintenant rendue à 51 ans et je commence à peine à m’en sortir», a relaté celle qui travaille depuis 2008 comme directrice des initiatives communautaires au Centre YMCA Ouest-de-l’île à Montréal.

À bas les préjugés

Cette détentrice d’une maîtrise en travail social et qui achève d’acquitter ses droits de scolarité tient d’ailleurs à démolir une fois pour toutes les préjugés qui entourent la pauvreté.

«On ne devient pas pauvre par choix. Et quand on est dedans, on n’y reste pas non plus par choix ou par manque de volonté. C’est un problème très complexe. Un faible revenu conduit souvent à vivre dans des conditions insalubres, ce qui entraîne une mauvaise santé, etc.», a illustré Mme McLachlan.

Organisations: Communes à Ottawa, Centre YMCA Ouest-de-l’

Lieux géographiques: Canada, Montréal, Les Cèdres Abitibi

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