«On est un match parfait. T’as tiré le bon numéro. Nous sommes compatibles à tous les niveaux. Ce n’est pas pour rien que ça fait 40 ans que nous sommes ensemble», a-t-elle dit à son mari, lors de notre passage à la maison familiale, quelques jours après leur retour dans la région.
Cette greffe était devenue nécessaire pour Alain Pard, âgé de 59 ans, car le seul rein fonctionnel qui lui restait a commencé à faire défaut il y a environ cinq ans. «Ils ont attendu le plus longtemps possible avant de faire la greffe. Mais là, j’étais sur le bord de l’hémodialyse. J’étais rendu vert et j’avais mal aux articulations. Tout l’acide urique que les reins ne filtrent plus s’y retrouve», a relaté celui qui est suivi par un néphrologue à l’hôpital de Val-d’Or.
Ne pas avoir peur
«Tout de suite, il y a cinq ans, j’ai dit que si je le pouvais, je voulais donner l’un de mes reins. Nous avons fait les tests et nous étions compatibles. La greffe a aussi plus de chances de succès si le rein provient d’un donneur vivant», a souligné Mme Pard, qui veut démystifier le don d’organe vivant, seulement possible pour le rein et un lobe de foie.
L’opération s’est déroulée comme un charme, le 28 octobre, à l’hôpital Royal-Victoria de Montréal. «Ils prennent notre rein qui filtre le moins pour le don. C’était celui du côté gauche pour moi et il y a cinq ans, ils devaient faire une chirurgie plus importante pour aller le chercher. Mais depuis deux ans, ils procèdent entièrement par laparoscopie. Je tiens à rassurer les gens qui voudraient donner un rein, il n’y a aucune raison d’avoir peur. Je suis tombée et je me suis cassée une côte en avril et ça, ça fait beaucoup plus mal», a tenu à préciser Diane Pard, qui a quitté l’hôpital deux jours après l’intervention et se porte aujourd’hui à merveille.
Un paradis pour les greffés
Le couple n’a aussi que des bons mots pour la Maison des greffés, qui l’a accueilli pendant cinq semaines pour la modique somme de 25 $ par jour, incluant les repas. «C’est un paradis. Je ne sais pas où les gens qui donnent ou qui reçoivent un organe iraient sans ça. La Maison a reçu plus de 17 000 personnes en 16 ans et c’est notre région qui l’utilise le plus après la Mauricie», a fait remarquer celle qui a été propriétaire du restaurant La Douce Heure de 1990 à 1993.
«Je suis tombée et je me suis cassée une côte en avril et ça, ça fait beaucoup plus mal.» - Diane Pard
«J’ai des oncles à Montréal qui étaient prêts à m’accueillir, mais tu ne peux pas récupérer de la même façon. La Maison des greffés, c’est un havre de paix. Tu rencontres des gens qui vivent la même chose que toi. Tout est bien aménagé, en fonction de nos besoins… on se sent chez nous», a renchéri ce ferblantier de métier qui a été propriétaire des Industries Pard de 1969 à 1993.
Alain Pard s’est aussi fait un autre cadeau, la veille de la greffe. Il a cessé de fumer après plus de 45 ans. Et il est aussi traité aux petits oignons par son épouse depuis l’opération. «Je surveille mes investissements», a-t-elle affirmé, en riant.


