L’événement s’est tenu devant les nombreux partenaires de la Piaule le 28 octobre dernier. Le député d’Abitibi-Est Pierre Corbeil a donné le coup d’envoi des travaux en procédant au premier coup de pelle mécanique pour démolir le garage.
Le gouvernement provincial, par le biais du Programme SHQ-Accès logis, fournit la majorité du financement du projet, soit 2,1 M $. «Pour les 600 000 $ restants, il provient du milieu. Ce montant équivaut au budget de fonctionnement de la Piaule pour quatre années», a mentionné le président du conseil d’administration de l’organisme, Stéphane Grenier.
Selon M. Grenier, ce projet voit le jour grâce à la ténacité des gens impliqués. «La première fois que j’ai présenté le projet, on a ri, car on ne croyait pas possible de le réaliser. Avec de la ténacité, tout est possible», a-t-il soutenu.
Pour le président de la Piaule, la reconstruction représente une grande avancée pour le logement social. «On me disait que c’était impossible, mais j’ai le goût de dire aux promoteurs sociaux: soyez réalistes, exigez l’impossible», a-t-il clamé.
Un besoin
Après une visite des installations, impossible d’ignorer que la reconstruction provient d’un véritable besoin. «C’est loin d’être un luxe, a estimé M. Grenier. L’eau coule dans les fenêtres, l’espace est restreint et l’escalier de secours à l’arrière m’inquiète. J’ai peur en cas d’incendie. D’ailleurs, l’amorce du projet a été faite après la présentation du rapport d’inspection du bâtiment.»
Outre la démolition du garage déjà entamée, la mise en place des fondations du bâtiment sera une priorité, puisqu’il faut couler le béton avant le gel du sol. «Ensuite, on va construire la bâtisse. On retrouvera l’aile de la Piaule sur deux étages, et de l’autre côté, l’aile du dortoir, sur un étage seulement. Le bâtiment existant va être démoli à la fin de la reconstruction, pour ne pas interrompre nos services. Sinon, les gens se retrouveraient à la rue durant ce temps», a souligné Stéphane Grenier.
Plus d’unités
En ce moment, la Piaule possède quatre places pour les femmes et douze pour les hommes. Dans le projet, il y aura 22 unités pouvant loger plus de 40 personnes. Les femmes et hommes seront séparés. «On aura plus de places pour les femmes comparativement à avant, et aussi une chambre pour les familles. Comme nulle part à Val-d’Or on ne peut accueillir une personne handicapée, on aura aussi une chambre adaptée», a expliqué M. Grenier.
La Piaule offre de l’hébergement de courte durée et les repas aux gens qui vivent avec des problèmes de dépendance à l’alcool, aux drogues et au jeu. Le dortoir, quant à lui, permet aux itinérants de dormir au chaud entre octobre et avril, de 18h à 9h.
Par année, la Piaule et le dortoir reçoivent plus de 500 personnes, dont 300 seulement pour la Piaule. Environ 12 000 repas sont servis annuellement, mais dans la nouvelle construction, ce chiffre pourrait grimper jusqu’à 30 000 pour la première année.
«Quand on parle de 300 personnes, il s’agit de gens qui restent avec nous deux ou trois jours, le temps de se remettre sur pied. Si le service n’était pas là, leur état se détériorerait et ils resteraient des semaines ou des mois dans la rue», a conclu M. Grenier.


