Pikogan, le 7 juin 2011
Le 17 juin prochain auront lieu les élections générales dans la communauté de Pikogan. Ces élections servent à déterminer qui fera partie du prochain conseil de bande. Afin d’arriver à ce jour J, il faut franchir quelques étapes essentielles. Tout d’abord, un comité d’élection doit être créé. Ce comité organise les rencontres d’informations, la soirée des nominations et la journée des élections. De plus, tout au long de ces étapes, ce comité s’assure que tout se déroule selon les règlements qui ont été adoptés par la population il y a de cela plusieurs décennies.
Rétablissons les faits
Le 25 mai dernier a eu lieu la soirée des nominations. Lors de cette soirée, la chef sortante a refusé sa candidature au poste de chef et de vice-chef. Cette même personne a proposé la clôture des nominations. Suite aux discours des gens ayant accepté leur candidature aux postes de chef, vice-chef et conseillers, Mme Alice Jérôme a fait un discours assurant qu’elle était rendue à une autre étape de sa vie et qu’elle avait accompli ce qu’elle avait à accomplir en tant que chef du Conseil de la Première Nation Abitibiwinni. De plus, elle a remercié les membres de la population de lui avoir fait confiance il y a quatre ans pour administrer la communauté.
Or, quelques jours plus tard, Mme Jérôme est revenue sur sa décision et a dit regretter son refus à la candidature de chef. Un groupe de personnes de Pikogan a organisé une marche le 30 mai dernier afin de reprendre les nominations invoquant le non-respect des procédures et leur désir d’avoir Mme Alice Jérôme comme chef.
Une pétition avec les mêmes revendications a également circulé dans le village et environ 170 personnes ont signé cette pétition. Certains signataires ont dit ne pas avoir été bien informés de ce qu’ils signaient, sans oublier que ce ne sont pas tous les membres de la liste des électeurs potentiels qui ont été rencontrés afin de signer le document. Il a été remis au comité d’élection et celui-ci a refusé de prendre la pétition puisqu’il n’est pas de son mandat de traiter un pareil document.
Vendredi dernier, le 3 juin, le comité d’élection a tenu une assemblée spéciale afin de clarifier leur rôle et leur mandat. Lors de cette assemblée, les porte-parole du groupe de manifestants ont demandé que le comité d’élection émette l’ordonnance de refaire la soirée des nominations. Le comité a refusé d’obtempérer en réitérant une fois de plus que les règles avaient été respectées et que tout avait été fait dans la légalité et dans la conformité.
Quelques membres présents lors de l’assemblée ont même affirmé à leur tour qu’ils étaient en accord avec la décision du comité puisque tout avait été fait dans les règles de l’art et dans le respect des règlements électoraux. Par la suite, les mêmes portes-paroles du groupe de manifestants ont alors demandé que le Conseil statue sur la proposition de faire un référendum. Or, le comité d’élection a refusé puisque l’assemblée a été convoquée par le comité et non par le Conseil; d’autant plus qu’il n’y avait pas tous les membres présents ce soir-là. De plus, le Conseil actuel se retrouve en conflit d’intérêts puisque ses membres sont en lice pour les prochaines élections et que la demande concerne directement la chef.
Conflit d’intérêt?
Hier, le 6 juin, nous apprenions par le biais des médias que le Conseil a accepté la demande de faire un référendum. Autrement dit, ces derniers ont pris une décision les concernant ce qui ne devrait pas avoir lieu étant donné qu’ils sont en conflit d’intérêts. Malgré une demande de publication de ladite pétition, certains membres du Conseil refusent, jusqu’à ce jour, de rendre accessible le contenu du document sous prétexte de conserver l’anonymat des signataires, or une pétition n’est-elle pas publique ?
Pikogan, vraiment à l’écoute de sa population?
En terminant, nous, comme plusieurs membres de la population, sommes totalement contre l’idée de refaire le processus de nominations, puisqu’il n’y a rien qui puisse justifier de le faire, car le processus a été fait selon les règlements établis. De plus, les règlements actuels ont permis au Conseil d’être élu lors des dernières élections et s’il y a une nouvelle soirée de nominations, cela créera un précédent et donc permettra à quiconque de contester à nouveau si les nominations ne lui conviennent pas.
Nous ne nous opposons pas à la nomination de quiconque, dans les délais prescrits, là n’est pas la question. Il s’agit du respect des règles électorales édictées et entérinées depuis des décennies et nous désirons le respect desdites règles afin d’assurer une transparence, une équité ainsi qu’une structure politique des plus stables. Nous trouvons également qu’il est trop tard pour changer les règles et qu’elles devraient être revues lors de l’Assemblée générale annuelle afin qu’une situation comme celle-ci se ne se représente pas.
Voulons-nous vraiment léguer ce précédent à nos enfants? Voulons-nous vraiment qu’ils vivent et qu’ils se débattent avec ce précédent?
Sandra Rankin et Sharon Wylde
Des Abitibiwinnik déçus par la tournure des choses actuellement et souhaitant le respect des règlements établis pour le bien de notre communauté.



