La grenouille et le boeuf

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Le mot de Jean-Paul Charlebois

Vous connaissez sans doute Jean de La Fontaine, ce poète français du 17e siècle qui nous a légué une œuvre remarquable sous forme de fables qui proposent une réflexion sur le comportement des humains. La dernière période des transactions dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec me fait penser à celle de la grenouille qui voulait se faire aussi grosse que le bœuf pour finalement en crever. En fait, il en est ainsi chaque année, mais parce que le tournoi de la Coupe Memorial se tient au Québec cette année, il me semble qu’on s’est surpassé.

Jean-Paul Charlebois

Le bœuf, représenté par les Sea Dogs de Saint John, a d’abord stimulé l’envie grandissante de la grenouille, représentée par les autres équipes aspirantes à la Coupe du Président, en faisant l’acquisition de Charlie Coyle, un Américain de 19 ans, avant même le début de la période des transactions. Cet ailier droit a participé au dernier Championnat mondial junior avec l’équipe des États-Unis et il a compilé une fiche de quatre buts et une passe en six parties. C’est donc un atout important de plus pour les Sea Dogs, qui sont déjà bien nantis pour aspirer à une deuxième conquête consécutive de la Coupe Memorial.

Je n’ai rien contre le fait de fournir une vive opposition à l’équipe des Maritimes pour ravir la Coupe du Président, mais je me demande jusqu’où on peut et on doit aller pour y arriver. Quand j’analyse les échanges effectués par Shawinigan, Victoriaville et Chicoutimi, entre autres, c’est là que j’ai l’impression de voir la grenouille se gonfler pour devenir aussi grosse que le bœuf. Ainsi, ces trois équipes ensemble ont échangé cinq joueurs qui faisaient partie de leur alignement régulier et 25 choix au repêchage pour mettre la main sur trois joueurs d’impact dans leur alignement respectif. Je peux comprendre Shawinigan d’agir ainsi parce qu’ils sont les hôtes de la Coupe Memorial et qu’ils doivent aligner une équipe de premier plan, mais est-ce nécessaire d’y aller aussi fort?

Le passé de la ligue nous enseigne pourtant de merveilleuses leçons à ce sujet. Au cours des huit dernières saisons, les équipes qui ont remporté la Coupe du Président n’ont pas transigé tant que cela pour améliorer leur équipe. Trois formations ont fait l’acquisition de deux joueurs d’impact, trois autres en ont accueilli un seul et les deux autres n’ont apporté aucun changement à leur alignement. Il ne suffit donc pas d’amener trois ou quatre vedettes dans une équipe pour lui garantir la victoire ultime. On en sait d’ailleurs quelque chose à Rouyn-Noranda depuis le printemps 2010!

Jusqu’ici, ça va plutôt bien pour les équipes qui se sont gonflées, mais tôt ou tard, elles devront se mesurer l’une à l’autre et on verra bien qui va crever sa balloune. Entre temps, elles risquent toutes de la crever autrement en faisant face à des situations imprévisibles et incontrôlables, comme l’incident Cormier de janvier 2010, une ou des blessures, de la maladie et quoi d’autre. Il se peut aussi que tout aille bien et que l’on se tape dans le dos d’avoir réussi le gros coup. Certains diront qu’il faut frapper fort quand on est à maturité, mais ce sont les mêmes qui feront ensuite des reproches à l’équipe quand elle connaîtra une ou deux années de misère. Personnellement, je préfère la stratégie des équipes championnes des dernières années, qui ont développé leurs joueurs repêchés jusqu’à maturité et transigé pour un ou deux joueurs de soutien au moment venu.

L’avenir nous dira qui a raison.

Lieux géographiques: Shawinigan, États-Unis, Victoriaville Chicoutimi Rouyn-Noranda

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