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Une belle grande famille d’antan

Jean-Paul Charlebois

Jean-Paul Charlebois

Publié le 10 Janvier 2012
Abitibi Express
Publié le 10 Janvier 2012

Le mot de Jean-Paul Charlebois

J’ai piqué la curiosité de quelques lecteurs dans ma chronique traitant du mal-aimé des Alouettes, Anthony Calvillo. On se demandait bien si je ne faisais pas partie d’une tribu quelconque quand j’ai parlé de mes sept frères. Et bien non, je ne fais pas partie d’une tribu, mais d’une belle grande famille d’antan dont je suis très fier et qui mérite d’être connue. Non pas parce qu’elle se distingue parmi toutes les familles semblables de notre région, mais surtout pour démystifier la vie en famille d’une certaine époque.

Sujets :
Rouyn , Avenue Murdoch

L’histoire de notre famille débute le 18 juin 1942, alors qu’Yvain Charlebois, fils d’un policier de Rouyn dans les années 30, unit sa destinée avec celle de Gabrielle Lapointe, fille du chef de police de Rouyn à la même époque. Fait à noter: il y avait trois hommes dans la force constabulaire de Rouyn dans ces années-là! De cette union sont nés huit garçons, cinq filles et deux enfants malheureusement morts à la naissance. Et dire que ma mère se faisait reprocher d’avoir empêché la famille par les prêtres du temps!

De nos jours, une telle famille est inimaginable et on me demande souvent comment mes parents ont réussi à nous loger, à nous nourrir et à nous éduquer. Côté revenu familial, le paternel a suivi les traces de son père en débutant comme constable à Rouyn, pour terminer sa carrière comme chef à Noranda après 36 ans de service. Quant à ma mère, comme dirait Yvon Deschamps, elle ne faisait rien puisqu’elle restait à la maison!

Après deux déménagements nécessaires, nous nous sommes retrouvés dans notre résidence principale, au 745 de l’avenue Murdoch à Noranda. À cet endroit, il y avait trois chambres à coucher: une pour les parents et le bébé (il y en avait toujours un), une pour les filles avec des lits à deux étages, ainsi qu’un grand dortoir à l’étage supérieur avec une série de lits simples alignés de chaque côté de la pièce pour les garçons. Une cuisine, envahie par une table fabriquée par mon père qui pouvait asseoir 12 personnes en même temps, un grand salon pour la visite, une salle de télévision et un grand sous-sol complétaient cette maison.

Côté nourriture, on n’a jamais manqué de rien grâce à la prévoyance et à l’ingéniosité de notre mère, qui réussissait toujours à trouver des aubaines respectant le revenu familial et des recettes pouvant satisfaire les goûts de sa progéniture. Il faut dire toutefois qu’il n’y avait pas un choix multiple pour chaque repas: si tu n’aimais pas ce qu’il y avait au menu, tu «passais en dessous de la table». Côté éducation, nous n’avons pas si mal tournés si l’on en juge par l’ensemble des diplômes obtenus: un doctorat, quatre maîtrises, dix baccalauréats, deux diplômes d’études collégiales et un diplôme d’études secondaires.

En écrivant, je me rends compte qu’il est difficile de démystifier cette vie en famille dans une seule page. J’y reviendrai donc dans d’autres chroniques avec plus de détails sur divers aspects de notre cohabitation, comme le partage des tâches quotidiennes et l’organisation de nos loisirs. Pour l’instant, je me contenterai de souligner le courage et la détermination des parents d’une époque qui ont choisi d’avoir plusieurs enfants et de les remercier pour les valeurs transmises, comme le partage, l’entraide, la solidarité, le respect des autres et l’autonomie. Des valeurs qui auront eu une grande influence dans nos choix de carrière et dans notre implication sociale comme dans plusieurs familles semblables que je connais et que je ne nommerai pas, de peur d’en oublier.

Commentaires

  • Nom de l\'usager
    Houria
    - 16 Janvier 2012 à 15:43:19

    Bonjour Jean-Paul, J'ai apprécié que vous partagiiez avec vos lecteurs, une partie de votre histoire! En particulier ceux qui viennentt de s'installer dans la région et qui sont avides de connaître l'histoire de cette belle région, qui malgré le froid reste accueillante et chaleureuse. Ce que j'ai moins apprécié c'est que "comme disait Yvon Deschamps, elle ne faisait rien puisqu'elle restait à la maison". J'ignore dans quel contexte il l'a dit mais j'aurais préféré lire "ma mère a tout fait parce qu'elle restait à la maison!" J'attends de lire la suite de votre belle histoire.

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