La fermeture est prématurée, si l'on tient compte du fait que les opérations avaient été relancées en 2009 pour au moins quatre à cinq ans. Une durée de vie que NAP avait bon espoir de prolonger avec des travaux d'exploration minière.
«Depuis le redémarrage en 2009, on perd de l'argent. On n'a pas pu développer un plan de production qui soit rentable. Au fil du temps, nous nous sommes rendu compte que le minerai qui était en profondeur n'était pas de la même qualité que celui qui a été exploité pendant une vingtaine d'années à cette mine», affirme Trent Mell, vice-président du développement corporatif et des ressources humaines chez NAP.
La minière, qui a produit 17 000 onces d'or en 2011, était confrontée à un coût de production de 1850 $ US l'once, alors qu'elle revendait l'or 1600 $ l'once. «C'est une mine très peu mécanisée et la main-d'œuvre est difficile à trouver. Les veines sont étroites, ce qui représente plus de coûts pour sortir moins d'or. On a cherché, mais on n'a pas trouvé de scénarios rentables. Il a fallu envisager la fermeture», explique M. Mell.
Cinquante travailleurs gardent leur job
Ce dernier était à Amos, le 17 janvier, où il a rencontré les employés du quart de jour tôt le matin pour leur annoncer la mauvaise nouvelle. Il a ensuite rencontré les travailleurs de nuit sur l'heure du dîner. La compagnie annonce la mise à pied de 90 travailleurs, alors que les 50 employés de l'usine de concentration sont épargnés, puisque celle-ci continue d'opérer normalement comme prévu pour traiter le minerai de la future mine Vezza (voir autre texte).
«Depuis le redémarrage en 2009, on perd de l'argent. On n'a pas pu développer un plan de production qui soit rentable» - Trent Mell
Environ 60 travailleurs ont perdu leur emploi sur le champ, alors que 30 autres procéderont aux travaux de fermeture de la mine d'une durée de trois mois. «Nous avions une bonne équipe et avec la pénurie actuelle de mineurs dans la région, nous sommes confiants qu'ils réussiront pour la plupart à se retrouver un emploi dans les autres mines. Notre programme d'aide aux employés est en place et nous avons embauché une firme d'Amos, Management 360, pour aider au reclassement des travailleurs avec le syndicat», précise M. Mell.
Le géant se réveillera-t-il une autre fois?
Des mesures seront aussi mises en place pour faciliter le transfert de quelques travailleurs (on parle de cinq ou six pour le moment) vers la mine Vezza et il sera aussi possible pour d'autres d'être transférés à la mine de palladium du Lac-des-Îles, dans le secteur de Thunder Bay, en Ontario.
Il s'agit d'un troisième arrêt de production dans l'histoire de la mine, qui a débutée en 1988, ce qui fait dire à Trent Mell qu'il n'est pas impossible de voir le géant se réveiller de nouveau un jour. «Rien n'est impossible. Nous avons une propriété voisine, Dormex, à un kilomètre, qui présente une géologie similaire. Peut-être qu'on y creusera un jour un puits ou qu'on fera une extension à Géant Dormant», indique-t-il.
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