C’est le message qu’a livré Jean-Denis Grenier, directeur en gestion d’opérations et aide à la décision au Centre d’enseignement et de recherche en foresterie de Sainte-Foy (CERFO), lors d’une conférence prononcée le 8 mars à l’UQAT devant des chercheurs et des étudiants en foresterie.
Normes pas toujours appropriées
Il est parvenu à ce constat lors d’une étude réalisée par le CERFO pour le compte de Tembec et qui visait à proposer des solutions de relance pour les scieries de Béarn et Témiscaming. Le principal problème à résoudre reposait dans des coûts d’approvisionnement en bois beaucoup trop élevés.
Pour des raisons d’économie évidentes, les compagnies coupent d’abord le bois situé à proximité de leurs usines. Or, plus le temps avance et plus les forêts s’éloignent des scieries. De plus, les normes actuelles prescrivent de disperser les travaux afin de perturber le moins possible le paysage. Or, selon M. Grenier, ces recommandations ne seraient pas toujours appropriées.
Concentrer au lieu de disperser
«Dans le cas de Tembec au Témiscamingue, on parle d’une forêt feuillue et mixte dégradée et mal régénérée. Dans ce contexte, pour réduire les coûts d’approvisionnement, il serait préférable de regrouper les interventions dans le temps et l’espace au lieu de les disperser sur le territoire. On réduirait en effet le nombre de chemins et la distance à parcourir entre les chantiers et l’usine. Il serait aussi plus facile pour les autres utilisateurs de la forêt de suivre la progression des opérations forestières. De plus, cela s’inspirerait davantage des perturbations naturelles de ce type de forêts, à savoir les épidémies de tordeuse, les chablis et les incendies. On conserverait également plus de paysage intact plus longtemps et on fragmenterait moins les écosystèmes», a-t-il expliqué.
Jean-Denis Grenier a toutefois reconnu qu’un regroupement de coupes à l’extrême engendrerait sans aucun doute des problèmes d’acceptabilité sociale. «Il faut donc déterminer une proportion idéale en planifiant non seulement ce qu’on veut récolter, mais aussi ce qu’on laissera debout. Il faut aussi déterminer quels seront les impacts de nos interventions et, surtout, si nous avons les moyens de les réaliser», a-t-il mentionné.


