Même si les dernières évaluations conformes aux normes font état de 1 732 000 onces d’or en ressources mesurées et indiquées dans la zone Hosco et sa fosse satellite, un calcul qui ne tient pas compte, en plus, de la zone voisine Héva, elle aussi incluse dans le projet, Aurizon n’a pas encore décidé d’aller de l’avant.
C’est que le traitement du minerai pose un défi technique de taille. «L’or est réparti dans un minerai réfractaire. Cela signifie un taux de récupération de l’or de 70 à 75 pour cent avec un procédé conventionnel. Ce n’est donc pas rentable», a expliqué Martin Bergeron, vice-président aux opérations chez Aurizon.
Trop gourmand
La société vancouveroise a donc examiné diverses solutions pour accroître ce taux de récupération. Le procédé Albion, mis au point par Xstrata dans une usine-pilote en Australie, semblait prometteur, notamment parce qu’il nécessiterait 15 M $ en capitalisation qu’un autoclave, l’autre procédé évalué par Aurizon, alors que leurs coûts d’opération demeureraient les mêmes.
Albion n’a par contre jamais été utilisé à date dans un contexte industriel. Lors de tests sur des échantillons, Aurizon a d’ailleurs vécu une mauvaise surprise. «Les coûts prévus à l’origine ont grimpé de façon marquée à cause d’une consommation beaucoup plus importante de réactifs, en particulier le cyanure, a indiqué M. Bergeron. De plus, le taux de récupération de l’or ne dépassait pas 85 pour cent.»
«L’or est là. Il ne reste qu’à trouver la façon la plus rentable de le récupérer.» - Martin Bergeron
De nouveaux tests sont présentement effectués chez Xstrata en Australie pour voir s’il est possible de réduire la quantité de réactifs employés dans le procédé.
L’or est là
Aurizon a donc décidé d’évaluer aussi l’autoclave. Un échantillon de 1,5 tonne de concentré a été envoyé en Alberta le 22 février dernier pour y subir des tests. Les résultats devraient être connus en avril ou en mai.
«L’autoclave coûterait 15 M $ de plus que l’Albion, mais il permettra peut-être une meilleure récupération de l’or avec moins de réactifs, a mentionné Martin Bergeron. Une fois le procédé retenu, nous l’intégrerons dans notre étude de faisabilité.»
Car la société minière entend bien développer son projet de mine à ciel ouvert à l’est de Rouyn-Noranda. Elle a d’ailleurs réalisé une campagne supplémentaire de forage d’octobre 2010 à janvier 2011. «Les résultats ne sont pas encore publics, mais il ne fait aucun doute que les ressources de la zone Hosco vont encore augmenter, a fait savoir M. Bergeron. L’or est là. Il ne reste qu’à trouver la façon la plus rentable de le récupérer.»


