Ressources Cartier est l’une d’elles. Localisée à Val-d’Or, elle a choisi, comme quelques autres sociétés d’exploration, d’installer son siège social dans la région où elle exerce ses activités. Elle possède dix propriétés en Abitibi-Témiscamingue et dans le Nord-du-Québec, dont six entre Mont-Brun et Amos.
«L’expertise, c’est ici que nous la développons, fait valoir le PDG de la société, Philippe Cloutier. Nous avons une race de détectives de la roche vraiment puissants. Nos géologues et nos techniciens sont reconnus partout dans le monde.»
Plus facile quand on est plus près
L’attrait exercé par les grands centres urbains demeure toutefois tenace. Lorsque Ressources Cartier est entrée à la Bourse, les pressions ont été fortes pour déménager son siège social à Toronto, histoire de se rapprocher des grandes institutions financières. M. Cloutier a cependant toujours refusé.
«J’ai beau être parfaitement bilingue, ça ne m’intéresse pas d’avoir une hypothèque à 1 M $. De plus, ça ne donne rien d’aller ailleurs, alors qu’ici, nous baignons dans une culture minière solidement ancrée. Règle générale, nous avons l’appui de la population. Ce qui n’est pas forcément le cas ailleurs. C’est plus facile de développer un projet quand tu es près des gens. Le contact se fait mieux», soutient-il.
Philippe Cloutier reconnaît par contre qu’un soutien financier provenant de l’extérieur du Québec est pratiquement devenu un incontournable pour développer la ressource minérale. «Nos propres investisseurs restent assez frileux, déplore-t-il. En ce sens, on agit un peu comme des Robins des mines en allant chercher de l’argent hors de nos frontières pour le réinvestir chez nous.»
«C’est plus facile de développer un projet quand tu es près des gens. Le contact se fait mieux.» - Philippe Cloutier
Plutôt rares
Dans un contexte où la plupart des sociétés n’en ont que pour l’or en ce moment, Ressources Cartier a choisi de ramer à contre-courant en jetant son dévolu sur le métal jaune, mais aussi sur les métaux de base tels que le cuivre et le zinc. En 2011, elle réalisera d’ailleurs 15 000 mètres de forage sur quatre propriétés.
«À part des sociétés comme Ressources Cogitore, nous sommes assez rares. Pourtant, le zinc et le cuivre font partie de l’histoire de notre région. On n’a qu’à penser à Noranda et la fonderie Horne ou encore la mine LaRonde d’Agnico-Eagle, qui produit aussi beaucoup de cuivre, pour s’en rendre compte», indique M. Cloutier.
Disproportionné
À cet égard, il considère que le prix des métaux de base sur les marchés ne reflète pas leur valeur réelle. «Il n’est pas normal qu’une livre de café de qualité, un bien non essentiel et renouvelable, se détaille 15 $, alors qu’une livre de cuivre, un matériau essentiel et non renouvelable, ne rapporte que 4 $. Avec la pénurie croissante des métaux, cette disproportion va finir par se corriger. Et ceux qui auront misé sur les métaux de base en sortiront gagnants», assure-t-il.


