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Stornoway veut faire briller les diamants du Nord



Selon Ghislain Poirier, le projet diamantifère Renard devrait générer environ 300 emplois pendant au moins 25 ans. (Photo: Patrick Rodrigue)

Selon Ghislain Poirier, le projet diamantifère Renard devrait générer environ 300 emplois pendant au moins 25 ans. (Photo: Patrick Rodrigue)

Patrick Rodrigue
Publié le 7 Février 2011
Publié le 4 Février 2011
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AbitibiExpress

300 emplois potentiels pendant 25 ans au projet Renard

Le Québec pourrait-il un jour être reconnu au même titre que l’Afrique du Sud et le Botswana dans l’univers restreint du diamant? C’est ce qu’espère la société Stornoway Diamond, qui développe à la Baie-James un des projets diamantifères les plus prometteurs au monde à l’heure actuelle.

Sujets :
Institut canadien , Hydro-Québec , Stornoway , Chibougamau , Rouyn-Noranda

«Nous avons choisi de nous concentrer dans le diamant parce que les perspectives sont très intéressantes. Il y a très peu de mines sur la planète et les réserves mondiales s’épuisent, alors que la demande connaît une forte croissance, en particulier dans les pays émergents, qui adoptent de plus en plus les coutumes américaines, dont la bague de mariage. Le diamant est aussi un symbole de réussite», a expliqué Ghislain Poirier, vice-président aux affaires corporatives chez Stornoway, lors d’une conférence prononcée le 2 février devant les membres de la section Rouyn-Noranda de l’Institut canadien des mines.

10 milliards $ en diamants

Situé à 350 km au nord-est de Chibougamau, dans les monts Otish, le projet Renard comprend 23,8 millions de carats en ressources indiquées, 17,5 millions de carats en ressources présumées et un gisement potentiel de 23,5 à 48,5 millions de carats. L’étude de faisabilité a été amorcée en juillet 2010 et la décision d’entrer ou non en production devrait être prise d’ici la fin de 2011.

«Deux autres projets seulement ont présentement atteint le stade de l’étude de faisabilité. Ils sont situés en Afrique du Sud et au Botswana. Leur ampleur est cependant beaucoup moindre que notre projet», a mentionné M. Poirier.

Un échantillonnage a permis de déterminer que la valeur de chaque carat à Renard varie de 2 $ à 6000 $ selon la qualité du diamant. «Dans notre étude conceptuelle, la valeur moyenne modélisée était de 117 $. Toutefois, en tenant compte des prix actuels, elle avoisinerait plutôt les 150 $ en ce moment. Notre valeur par carat est plus élevée que la moyenne mondiale, alors que nos coûts de production sont plus faibles. Si nous parvenons à convertir toutes les ressources en réserves, la valeur totale de Renard serait d’environ 10 milliards $», a précisé Ghislain Poirier.

Diamants uniques en leur genre

«On va sûrement aller recruter du personnel en Abitibi pour combler les 300 emplois dont nous aurons besoin.» - Ghislain Poirier

Outre le potentiel du gisement, Renard comprend aussi deux caractéristiques uniques. D’abord, il ne comprend pas de pierres industrielles, mais uniquement de qualité bijouterie, qui valent beaucoup plus cher. «De plus, la qualité et la couleur des diamants s’améliorent avec leur grosseur. D’habitude, on note peu de variation à cet égard. Ils prennent donc encore plus de valeur», a indiqué M. Poirier.

Retombées en Abitibi

Le plan de mine conceptuel propose trois fosses à ciel ouvert de 100 mètres de profondeur. Le reste du gisement serait exploité sous terre. «En excluant le gisement potentiel, on évalue la durée de vie du projet à au moins 25 ans», a fait savoir Ghislain Poirier.

Si, pour des raisons géographiques, Chibougamau risque fort de devenir le port d’attache de Renard, l’Abitibi-Témiscamingue profitera quand même des retombées du projet. «Nous vivons dans un contexte où tout le monde s’arrache la main-d’œuvre. Alors, c’est évident qu’on va sûrement aller recruter du personnel en Abitibi pour combler les 300 emplois dont nous aurons besoin», a assuré M. Poirier.

Deux défis

Mais avant d’en arriver là, Stornoway devra d’abord obtenir un accès routier permanent et assurer l’alimentation électrique des futures installations. À cet effet, Hydro-Québec étudie la possibilité d’installer une ligne électrique de 165 km à partir de la centrale Laforge-1. Stornoway attend aussi avec impatience le début des travaux de prolongement de la route 167 sur 268 km qui devrait débuter cette année.

«On y croit tellement que nous avons même accepté de payer une partie des travaux sur la route 167 et de défrayer les coûts d’entretien tant que nous allons demeurer le seul projet dans le secteur», a déclaré Ghislain Poirier.

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