À en juger par la quantité de galeries qui s’étendaient dans tous les sens lors de notre visite, on serait porté à croire qu’il ne reste plus beaucoup de minerai à exploiter. Il n’en est rien. Même si le plan de minage pour l’année 2010 prévoyait une production de 179 671 onces d’or, 3,55 millions d’onces d’argent, 11,1 millions de livres de cuivre et 148 millions de livres de zinc, il reste encore assez de minerai pour assurer à la mine une durée de vie jusqu’en 2024.
Comme une petite ville
Fourmilière est une image appropriée pour qualifier l’activité qui règne dans les entrailles de LaRonde. Pas moins de 750 travailleurs et de 200 à 300 employés contractuels s’y affairent, certains pour la production quotidienne de la mine, d’autres au développement de LaRonde Extension, à partir de 2450 mètres de profondeur.
«Avec un terrain en surface de 4 km de long et plus de 100 km de galeries en production, sans compter tout ce qui est développé dans LaRonde Extension depuis le début de 2010, notre mine ressemble à une petite ville, a commenté Alain Cossette, directeur adjoint de la mine LaRonde. Une partie de LaRonde Extension est d’ailleurs en production, mais le minerai qu’on retrouve au fond, à 3 km de profondeur, ne sera traité qu’à partir de 2012.»
Le gros des travaux en cours à LaRonde Extension consiste à creuser les silos à minerai et à roche stérile ainsi qu’à préparer l’installation d’un concasseur à 2780 mètres de profondeur. Ce dernier devrait entrer en service à l’automne 2011. Un convoyeur de 1 km de long y acheminera le minerai à partir du silo.
Une rampe souterraine est aussi en cours d’excavation entre le niveau 259 et le 282, au fin fond de la mine. «Elle servira à la fois d’accès pour transporter des équipements et de sortie de secours», a fait savoir M. Cossette.
Prouesses techniques
Ces travaux ont donné lieu à plusieurs prouesses techniques, notamment le creusage d’un puits souterrain de 823 mètres de long. Au niveau 206, dans une grotte mesurant 17 mètres de haut, se trouve d’ailleurs l’énorme treuil qui sert à remonter les ascenseurs.
«Nous avons relevé un beau défi en le construisant, car il a fallu descendre toutes les pièces en morceaux», a mentionné Alain Cossette en montrant une gigantesque roue de treuil mesurant plusieurs fois la hauteur d’un homme. D’ailleurs, tous les équipements qui se trouvent dans les galeries inférieures au niveau 257, incluant les véhicules, ont dû être descendus en pièces détachées et remontés sur place.
«Avec un terrain en surface de 4 km de long et plus de 100 km de galeries en production, sans compter tout ce qui est développé dans LaRonde Extension depuis le début de 2010, notre mine ressemble à une petite ville.» - Alain Cossette
On retrouve aussi trois stations de pompage dans la mine pour évacuer vers la surface l’eau nécessaire aux opérations. Elles sont respectivement situées à 2150, 1700 et 1220 mètres de profondeur. «La première évacue l’eau vers la deuxième et ainsi de suite jusqu’à la surface. Une quatrième sera incorporée au circuit à 2820 mètres», a indiqué M. Cossette.
Beaucoup de retombées régionales
Outre les salaires, les travaux à LaRonde Extension entraîneront pas mal de retombées au niveau de l’Abitibi-Témiscamingue, a assuré Alain Cossette.
«Dans la très grande majorité des cas, nous recourons à des entrepreneurs et des sociétés de la région, notamment CMAC-Thyssen, Industries Blais, Promec, Talbon et Génivar. Nous favorisons ainsi le développement d’une expertise régionale qui deviendra un avantage de taille pour ces entreprises quand elles soumissionneront pour d’autres contrats, que ce soit en Abitibi-Témiscamingue ou ailleurs au Québec», a-t-il fait valoir.


