Le sous-sol de la propriété Francoeur, qui appartient à Mines Richmont, est en effet situé sur la faille Wasa-Francoeur, une petite faille qui part de l’Ontario et dont la structure s’étend en parallèle de la faille de Cadillac. Cette faille est dotée d’une géologie particulière en ceci qu’elle ne comporte pas de veines de quartz comme la plupart des autres mines d’or souterraines.
Gisement particulier
Lors de la formation de veines d’or, le sol des failles passe par des phases de compressions, suivies de phases de tension. Lors de ces phases, le sol subit des transformations et certains minéraux se faufilent dans les espaces qui s’ouvrent dans la roche. C’est ainsi que se forment des veines de quartz, qui traînent avec elles divers minéraux, dont l’or.
«Dans le cas de la veine Francoeur, elle n’a connu qu’une phase de compression. Le minerai est donc plus homogène. Les teneurs moyennes varient très peu d’un endroit à l’autre. Cela nous donne l’assurance de toujours obtenir la même quantité de minerai, peu importe où nous procédons à l’extraction dans la veine. De plus, son épaisseur varie de 15 à 80 mètres. Elle est donc très large. On retrouve très peu de gisements de ce genre en Abitibi-Témiscamingue», a expliqué Martin Perron, surintendant de la géologie, lors d’une visite du projet effectuée par le journal, le 2 décembre.
Au moins quatre ans
Si les travaux progressent comme prévu, Francoeur devrait reprendre la production commerciale à compter de la fin de juin ou du début de juillet. «Les réserves probables sont de l’ordre de 136 700 onces d’or. Elles seront extraites de 615 000 tonnes de minerai. Au niveau des ressources indiquées et présumées, on parle de 57 200 onces d’or qui pourraient être extraites de 278 700 tonnes de minerai», a détaillé M. Perron.
«Avec une cadence d’environ 600 tonnes de minerai par jour, la durée de vie de la mine est estimée à au moins quatre ans. On devrait produire 35 000 onces d’or par année», a ajouté son directeur, Denis Flamand. Le minerai sera traité à l’usine Camflo de Malartic, elle aussi propriété de Mines Richmont.
«La durée de vie de la mine est estimée à au moins quatre ans. On devrait produire 35 000 onces d’or par année.» - Denis Flamand
Potentiel en profondeur
À l’heure actuelle, une soixantaine de travailleurs s’affairent à creuser et aménager les deux galeries d’accès à la Zone Ouest, à environ 900 mètres de profondeur. «Il reste environ 600 mètres à creuser au niveau 17, le plus profond à date, et 750 mètres au niveau 16», a précisé Marcel St-Pierre, surintendant du projet Francoeur.
Le minerai sera extrait de façon conventionnelle, au dynamitage avec des chambres et des piliers. Mines Richmont devrait par contre creuser une rampe souterraine à partir du niveau 17 pour atteindre la minéralisation plus profonde. Il y aura aussi du forage d’exploration et de définition pour tenter de prolonger la durée de vie de la mine. «La Zone Ouest demeure en effet ouverte en profondeur», a mentionné Martin Perron.


