M. Thomassin estime que les actions des groupes de pression font mal à une industrie qui génère pourtant des retombées économiques importantes pour tout le Québec, principalement en Abitibi-Témiscamingue. Il craint qu’en s’éternisant, ces débats ne ternissent pour toujours l’image du monde minier.
«Les groupes de pression sont en train de changer l’image de l’industrie auprès de la population. Ces gens-là jouent beaucoup sur la perception en se basant sur les mines de l’époque. Pourtant, les choses ont changé depuis. L’industrie fait une exploitation beaucoup plus consciencieuse.»
Inaction
M. Thomassin blâme l’inaction de mines et du gouvernement provincial dans ce débat. «Les producteurs miniers ne réagissent pas. Ils devraient le faire davantage. II y a beaucoup de sites qui ont été réhabilités depuis 15 ans, donne-t-il comme exemple, mais j’attends toujours le rapport. De plus, le gouvernement devrait mettre le point sur la table et dire: il faut arrêter de débattre et avancer. Nous, à l’AEMQ, on ne peut pas se battre tout seul», estime celui dont l’Association regroupe 140 membres corporatifs et 800 membres individuels.
Le directeur général de l’AEMQ ne voit pas non plus l’utilité d’organiser un colloque sur les mines à ciel ouvert, comme celui que propose de tenir la Conférence régionale des élus (CRÉ) le printemps prochain. Celui-ci surviendra un an après la présentation d’un forum similaire sur le développement minier dans la région.
«Le gouvernement devrait mettre le point sur la table et dire: il faut arrêter de débattre et avancer.» - - Jean-Pierre Thomassin
«Tant qu’à y être, il faudrait peut-être tenir un colloque sur les marteaux qu’utilisent les mineurs pour savoir s’ils font mal aux roches quand ils frappent dessus», ironise-t-il.
Mauvais côtés
M. Thomassin ne cache pas sa rancœur envers les environnementalistes qui, dit-il, ne voient que les mauvais côtés de l’industrie. «Richard Desjardins l’a dit en 2005 qu’ils allaient sortir les mines de l’Abitibi. C’est rendu que même la CSN et le Syndicat des enseignants se mêlent du débat. J’imagine qu’ils vont recruter bientôt le cercle des Fermières. Personnellement, je n’ai plus le goût de me chicaner avec eux. J’en ai marre.»
Le directeur général de l’AEMQ estime que les groupes de pression sont en train de causer le même tort à l’industrie pétrolière et des gaz de schiste.
«Quand je vois un directeur général d’un organisme comme le nôtre demander la protection de la Sûreté du Québec, je ne suis pas à l’aise avec ça. Je n’en reviens pas. Je suis découragé», peine M. Thomassin, en faisant allusion à André Caillé, qui a dû demander l’assistance de la police, il y a deux semaines, lors d’une assemblée houleuse portant sur les gaz de schiste.


