À l’occasion de son 20e anniversaire, La Mosaïque a mis sur pied une certification qui, en dépit ou peut-être à cause de sa simplicité, pourrait faire boule de neige à l’ensemble du Québec. C’est du moins ce que souhaite l’association interculturelle d’accueil et d’intégration des immigrants, basée à Rouyn-Noranda.
Une réalité nouvelle, mais inévitable
Avec le vieillissement de la population et la vigueur de l’économie, la région se dirige droit vers un mur en ce qui a trait à la main-d’œuvre disponible. Un nombre croissant de gens soutiennent que ce vide ne pourra être comblé que par l’apport de travailleurs provenant de l’étranger. Or, si l’on fait abstraction des Fros dans le premier tiers du 20e siècle, l’embauche massive d’immigrants serait une réalité nouvelle pour bon nombre d’entreprises de la région.
«La certification ethno vise donc à sensibiliser les entreprises à l'apport des immigrants dans le milieu du travail, a précisé Vicky Potvin, intervenante à La Mosaïque. On veut aussi les inviter, tout comme la population en général, à s'ouvrir à la présence croissante d'immigrants dans la région.»
Pour qu’une entreprise obtienne cette certification, son personnel doit comprendre au moins 2 pour cent d’immigrants. Elle doit aussi avoir mis en œuvre des dispositions pour favoriser l’intégration des immigrants dans son milieu de travail. Enfin, un travailleur immigrant à son emploi doit rédiger une lettre afin d’appuyer sa candidature.
«On ne demande pas mieux que d'être imités» - Marie-Claude Leclercq
Des exemples à suivre
Afin de mousser son programme et le lancer officiellement, La Mosaïque honorera trois entreprises publiques et une privée le 1er février à 16h au Cégep de l'Abitibi-Témiscamingue à Rouyn-Noranda.
«En fait, elles répondaient déjà aux critères de notre certification avant même qu'on l'implante. Et même plus encore. En mettant en relief des exemples, on souhaite de la sorte inciter d'autres entreprises à soumettre leur candidature», a indiqué Marie-Claude Leclercq, présidente du conseil d'administration de La Mosaïque.
Soutenue par les chambres de commerce
L'organisme désire cependant aller plus loin et obtenir le soutien direct du monde des affaires. «On veut faire appel à d'autres partenaires, notamment les chambres de commerce, pour que la certification ethno devienne une norme plus officielle», a fait savoir Mme Leclercq.
La Mosaïque entend également présenter son programme à la Table de concertation en immigration, à Montréal, où elle occupe un siège depuis peu. «On aimerait bien que notre idée soit reprise dans d'autres régions. On ne demande pas mieux que d'être imités», a lancé Marie-Claude Leclercq.



