René Wamkeue, professeur-chercheur responsable des projets électromécaniques à l’Unité d’enseignement et de recherche en sciences appliquées de l’UQAT, vient en effet de recevoir du Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada (CRSNG) une subvention de 105 000 $, échelonnée sur une période de cinq ans, afin d’effectuer des recherches sur la réparation et la maintenance des éoliennes.
Pour sa part, l’entreprise Industries Blais, propriétaire de l’éolienne conçue par la société Dermond depuis la faillite de cette dernière en 2007, a accepté de mettre l’imposante structure à la disposition du chercheur et de son équipe.
Redémarrage d’ici trois ans«Nous sommes déjà allés sur place diagnostiquer l’éolienne, a fait savoir M. Wamkeue. Nous avons déjà trois étudiants qui travaillent sur ce projet, mais les recherches et les expérimentations plus intensives devraient débuter dans environ six mois. On travaille également en partenariat avec les ingénieurs d’Industries Blais. De plus, les ingénieurs qui, à l’époque, avaient travaillé pour Dermond, vont aussi nous donner un coup de pouce. C’est un projet vraiment excitant.»
René Wamkeue estime être en mesure de pouvoir faire tourner l’éolienne de nouveau d’ici trois ans. «Il faut comprendre qu’on repart vraiment de zéro», a-t-il indiqué.
Depuis son arrêt, en 2007, l’éolienne a en effet beaucoup de vandalisme. Du matériel a également été volé, notamment le câble électrique qui la reliait au bâtiment de l’UQAT. En septembre 2009, alors que flottait dans l’air un projet de relance, Industries Blais estimait à quelque 150 000 $ le coût des réparations qui auraient été nécessaires.
Développer une expertise uniqueÀ présent que son projet a été accepté par ses pairs du CRSNG, M. Wamkeue voit grand pour l’éolienne.
«C’est un projet vraiment excitant» - René Wamkeue
«On a beaucoup travaillé au Québec sur la conception d’aérogénérateurs, mais très peu a été accompli en ce qui concerne leur maintenance et leur éventuelle réparation. Ce sont pourtant des équipements fragiles qui tombent en panne souvent. On a donc l’opportunité de créer une expertise unique en son genre. De plus, une multitude de projets en lien avec l’École de génie de l’UQAT vont pouvoir être développés, pas seulement en maintenance industrielle», a-t-il fait valoir.
René Wamkeue voit aussi dans son projet l’occasion de pousser plus loin le développement des éoliennes au Québec. «Pourquoi ne pas faire comme les centrales hydroélectriques, dont les opérations s’effectuent à distance? On pourrait aussi mettre au point des systèmes pour prévoir les pannes et ainsi corriger les problèmes avant qu’ils n’entraînent des conséquences», a-t-il souligné
Création et maintien d’emploisLe professeur-chercheur estime également que plusieurs partenaires industriels pourraient y trouver leur compte. «En s’impliquant, les entreprises vont nous aider à former des ingénieurs. Ces mêmes ingénieurs vont ensuite travailler pour elles, qui nous aideront à former d’autres ingénieurs, et ainsi de suite. Nos travaux pourront ainsi contribuer à créer et maintenir des emplois», a-t-il mentionné.
L’éolienne du Cap d’Ours a été construite par Dermond en 2004. L’entreprise estimait être en mesure d’en produire au moins 12 par année, entre autres pour alimenter en énergie les communautés isolées du Nunavik. Mais à l’automne 2006, Dermond se cherchait encore un premier client. Un an plus tard, elle déclarait faillite.



