«J’ai pris cette photographie en juin dans la région de Vancouver. Initialement, j’étais de l’autre côté de la ville sur le toit d’un hôtel vers 3h du matin. Une brume du Pacifique est soudainement apparue sans prévenir. Ma première idée de photo était à l’eau!», se souvient-il.
Toutefois, profitant de son expérience de terrain, Mathieu a décidé de modifier son plan de match. Avec l’aide d’une carte de la région, un GPS, son iPhone avec Google Maps et Street View, il a repéré des points lumineux au-dessus du brouillard qui devaient être des maisons dans les montagnes situées à une vingtaine de kilomètres d’où il était.
«Je me suis pris un point GPS au hasard dans le secteur, traversé la ville et pris la Transcanadienne à North Vancouver pour finalement commencer à monter. Après 25 minutes de route, et des recherches dans des petites rues en altitude, j’ai trouvé mon spot. Dix minutes à attendre la bonne lumière pour le petit mauve dans le ciel et le tour était joué», relate-t-il.
«Cette image, c’est en quelque sorte un coup de chance mélangé avec un sens de l’adaptation sur le terrain.» - - Mathieu Dupuis
C’est ça la photo!
Pour l’artiste, ce genre de course contre la montre et les éléments représente exactement ce qu’est la photographie de terrain.
«Cette image, c’est en quelque sorte un coup de chance mélangé avec un sens de l’adaptation sur le terrain, précise-t-il. Je suis un gars qui travaille sur commande depuis plus de dix ans en extérieur. Quand je suis sous assignation, je dois revenir avec du bon matériel et ce, peu importe ce qui arrive. L’éditeur, le rédacteur en chef, le directeur artistique de l’agence… ils veulent tous la shot. Ils ne veulent pas savoir que la météo est mauvaise, que mon avion avait du retard ou que j’ai fait une crevaison. Dans ces conditions, pour survivre, on apprend à faire de bonnes photos même quand il pleut à verse!»


