Présenté en avant-première mondiale lors du Festival de cinéma des gens d’ici, le 10 septembre dernier, le documentaire n’a laissé personne indifférent dans la salle du cinéma Capitol de Val-d’Or. L’œuvre y présente les témoignages de résidants de Malartic pour qui l’arrivée de la mine à ciel ouvert a bouleversé leur vie. Plusieurs d’entre eux étaient d’ailleurs présents lors de la projection.
«L’idée du film m’est venue à force d’entendre parler du projet aux nouvelles, quand je faisais des allers-retours entre Montréal et l’Abitibi, raconte le réalisateur. Je me rappelle qu’on parlait de déménager des maisons et même l’église de Malartic pour ouvrir une mine, ce que je trouvais un peu absurde. J’ai fait mes recherches pour constater qu’aucun projet de film à ce sujet-là n’était en préparation. J’ai réussi à entrer en contact avec des gens de Malartic et, après une semaine de recherches sur le terrain, j’étais certain qu’il y avait un film à faire, tellement j’avais entendu des histoires incroyables, des drames humains hors du commun.»
Accent sur les témoignages
Mettant principalement l’accent sur les témoignages, dont ceux de Ken Massé et du regretté Robert Rousson, le film tourné entre 2008 et 2011 frappe aussi par ses images-chocs de démolition, tant des résidences que des institutions. Si quelques citoyens se disent favorables au projet en début de film, il est clair que le réalisateur a fait le choix de se concentrer sur ceux qui ont vécu l’événement comme un drame.
«Plusieurs personnages racontent comment le projet était vu d’un bon œil au départ, compte tenu de l’état de l’économie à Malartic. Mais la façon dont les choses se sont déroulées en a troublé plusieurs. C’est très préoccupant, surtout quand on sait que d’autres projets miniers à ciel ouvert sont en voie d’être réalisés au Québec», précise-t-il.
Réalisateur peu connu du grand public, Simon Plouffe dit avoir eu besoin d’un peu de temps pour convaincre ses personnages de dévoiler leurs sentiments.
«C’est évident que les gens étaient un peu craintifs au départ, à me voir débarquer de nulle part avec ma caméra. Beaucoup de gens avaient de la misère à tout dire ce qu’elles ressentaient. Mais après une ou deux heures, j’ai senti qu’elles se dévoilaient», indique-t-il.
À la télévision
L’Or des autres est déjà assuré d’avoir un large écho, puisque le film avait été préacheté par Radio-Canada et RDI, qui le diffuseront au début de 2012. Avant cela, le cinéma Capitol entend le mettre à l’affiche cet automne. Le film sera aussi présenté dans des festivals à Montréal, Toronto et en Californie au cours des prochaines semaines.
Pour Simon Plouffe, il s’agit d’une première incursion dans la réalisation d’un moyen ou long métrage. Preneur de son sur plusieurs productions majeures, celui qui a quitté l’Abitibi pour la Métropole en 1998 ne cache pas avoir d’autres projets de réalisation en tête.
«J’ai l’ambition de tourner d’autres sujets et pas seulement du documentaire», confie-t-il en conclusion.


