«J’ai presque vécu une dictature»

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Patrick Rodrigue
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Christine Moore dresse un bilan sombre de la dernière session

Même si, à son avis, le NPD a su démontrer qu’il pouvait former une opposition efficace, la députée d’Abitibi-Témiscamingue Christine Moore qualifie d’ardue la session parlementaire qui vient de s’achever.

Après une session de printemps plutôt ardue, la députée néodémocrate Christine Moore entend revenir l’automne prochain sur les modifications envisagées à l’assurance-emploi, qui n’ont aucune logique selon elle.

«La session a été difficile à cause du refus systématique de Stephen Harper de respecter la démocratie. À au moins 20 reprises, les conservateurs nous ont balancé des motions restreignant le temps alloué pour l’étude des projets de loi, souvent même avant les débats. C’était aussi presque impossible de faire modifier même une simple virgule à un texte. Ce que j’ai vécu au cours des derniers mois, c’est presque une dictature», a fait valoir Mme Moore.

Comme un tireur fou

La députée voit par ailleurs d’un œil à la fois indigné, mais aussi amusé l’intérêt soudain manifesté par Stephen Harper envers le Québec et ce qu’elle qualifie de campagne de peur à l’endroit des Québécois face à une possible élection du Parti québécois.

«Ce genre de campagne est devenu tellement ridicule que c’est en train de se retourner contre eux. Même des gens qui votent conservateur depuis toujours me disent que Harper est allé trop loin. Les gens voient que c’est basé sur rien. Tous les prétextes sont bons pour essayer de démolir l’opposition. Un exemple? Au cours de la dernière session, les conservateurs ont reproché au NPD de ne pas avoir appuyé l’effort du Canada contre Hitler. Le hic, c’est que le NPD a été fondé plus de 15 ans après la fin de la guerre», a-t-elle fait valoir.

«Ce que j’ai vécu au cours des derniers mois, c’est presque une dictature» Christine Moore

Décision illogique

Christine Moore estime que la dernière session parlementaire a permis à plusieurs jeunes députés de montrer aux autres qu’ils sont capables de bien jouer leur rôle et d’acquérir rapidement de l’expérience.

À cet égard, elle a travaillé activement auprès de la ministre des Ressources humaines et du Développement des compétences, Diane Finley, pour tenter de lui faire comprendre les impacts que les coupures et les modifications annoncées à l’assurance-emploi auront sur les régions.

«La décision de couper des postes dans les régions, dont la nôtre, n’a tout simplement pas de logique. La ministre soutient vouloir ainsi simplifier la gestion des dossiers et le traitement des demandes. Sauf que les agents d’ici connaissent bien les gens avec qui ils font affaire et les détails relatifs aux cas particuliers. En rapatriant tout ça hors de la région, on va perdre cette proximité et ces connaissances. Au lieu de simplifier, ça risque de foutre le bordel, surtout chez les travailleurs saisonniers. Et au final, on va peut-être même avoir besoin d’encore plus de fonctionnaires», a-t-elle dénoncé.

Mme Moore entend d’ailleurs remonter sur ce cheval de bataille l’automne prochain.

Organisations: Parti québécois, Ressources humaines

Lieux géographiques: Québec, Canada

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