Projets miniers: Pikogan et Lac-Simon en voie d'être consultés et accommodés

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Martin Guindon
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Une entente de principe est intervenue avec Québec

Lac-Simon, Pikogan et Québec se sont mis d'accord pour préparer une entente qui fixera le processus de consultation et d'accommodement avec les deux communautés autochtones lors du développement de projets miniers sur leurs territoires respectifs.

Une entente de principe est intervenue entre les trois parties, qui l'ont ratifiée lors d'une cérémonie protocolaire tenue à Pikogan, le vendredi 30 mars.

La signature a été précédée par une cérémonie de purification, la prière d'une aînée, Anna Mowatt, et les discours des chefs Bruno Kistabish, de la Première Nation Abitbiwinni, et Salomée McKenzie, de la Nation Anishnabe, ainsi que du ministre des Affaires autochtones, Geoffrey Kelley.

Préciser les façons de faire

Le ministre Kelley a rappelé qu'il avait été approché par les deux communautés une première fois en septembre, puis en octobre, sur cette question de consultation et d'accommodement. L'entente qu'il souhaite ratifier dans un avenir rapproché avec Lac-Simon et Pikogan précisera quand, comment et sur quel territoire ces communautés devront être consultées et accommodées dans le cadre de projets miniers.

«On sait que dans notre société, les tribunaux nous donnent les grandes lignes de nos devoirs pour faire une consultation et faire des accommodements, mais on sait également que le diable est souvent dans les détails. Comment faire ça? Consulter, ça veut dire quoi? Consulter qui, consulter quand, consulter comment? Ce sont des grandes questions et ce que nous avons convenu aujourd'hui, c'est de s'asseoir et, très rapidement, arriver avec une entente finale qui va mieux définir comment vous consulter, à quel moment, sur quel territoire, etc. Ce sont des enjeux très importants. Je pense, et notre premier ministre l'a souvent dit, qu'il faut développer le Québec de demain ensemble», a insisté le ministre Kelley.

Enfin reconnu

«L'entente que nous signons aujourd'hui signifie beaucoup pour notre communauté, qui travaille depuis longtemps pour être reconnue et considérée. Certains nous ont même appelés le peuple invisible, parce que des projets se réalisaient sur notre territoire sans que nous soyons considérés, consultés et encore moins accommodés. Encore tout récemment, avec le Plan Nord, les droits et la présence sur le territoire de notre communauté n'ont pas été reconnus, même si Plan Nord se déroule sur une bonne partie de notre territoire à castor», a d'abord déclaré M. Kistabish.

Ce dernier s'est néanmoins dit heureux de voir Québec enfin reconnaître la présence de son peuple avec cette entente de principe. «J'espère que cette entente enverra un message clair aux sociétés minières et à toutes les autres entreprises qui veulent venir explorer ou exploiter notre territoire. Elles doivent entretenir un dialogue avec nos nations avant même de commencer à développer leur projet. En travaillant de cette façon, nous nous assurerons de développer des relations harmonieuses et constructives. Nous souhaitons que notre relève participe également au développement de l'Abitibi-Témiscamingue», a-t-il rappelé.

Encore du travail

«Mon souhait le plus cher est que cette entente nous permettra de construire de nouvelles relations avec les représentants de l'industrie minière et le gouvernement. À ce jour, j'aimerais souligner que nous sommes heureux de l'écoute que nos communautés ont reçue de la part de M. Kelley à titre de ministre des Affaires autochtones. C'est grâce à sa collaboration que nous avons réussi à conclure l'entente que nous soulignons ce matin», a notamment indiqué Mme McKenzie.

Mais il ne s'agit-là que d'un premier pas, a-t-elle insisté. «Il reste encore du travail à faire afin de construire ou poursuivre la construction de nouvelles relations avec l'industrie minière afin qu'elles soient harmonieuses et qu'elles nous permettent d'établir un dialogue clair où notre peuple pourra exprimer ses besoins, ses priorités, ses valeurs et ses préoccupations. Mais je suis confiante que notre peuple, notre territoire et nos droits seront reconnus lorsque je vois la solidarité dont les communautés font preuve. À titre exemple, la signature entente aujourd'hui a lieu entre le gouvernement et deux communautés algonquines qui se sont serré les coudes», a fait valoir la cheffe de Lac-Simon.

Organisations: Affaires autochtones, Conseil de la Première Nation Abitibiwinni, Conseil de la Nation Anishnabe Plan Nord

Lieux géographiques: Pikogan, Québec, Abitibi Lac-Simon

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