L’économie régionale en voie de reculer… ou peut-être pas

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Patrick Rodrigue
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L’économie de la région serait-elle en voie de reculer? Si c’est ce que laisse a priori croire le bilan annuel de l’emploi réalisé par l’Institut de la statistique du Québec, la situation depuis le début de 2012 est cependant bien différente.

L’idée reçue à l’effet que l’attrait exercé par les mines pénaliserait les autres secteurs de l’économie régionale serait fausse. Sur la photo, la mine LaRonde d’Agnico-Eagle.

Plusieurs secteurs d’activité en Abitibi-Témiscamingue ont connu une diminution importante du nombre d’emplois au cours des 12 derniers mois. Ainsi, le secteur des services professionnels, scientifiques et techniques affichait 2400 emplois au 30 juin 2012 contre 3100 à pareille date l’an dernier. Il s’agit d’un recul de 32,3 pour cent. Même son de cloche pour l’hébergement et la restauration où les emplois ont reculé de 30,9 pour cent, passant de 5500 à 3800 en l’espace d’un an.

À l’autre bout du spectre, le secteur de l’information, de la culture et des loisirs a vu ses emplois bondir d’un phénoménal 106,7 pour cent, alors que ceux-ci sont passés de 1500 à 3100 au cours de cette période. Idem pour le secteur du transport et de l’entreposage, qui affichait 3600 emplois à la fin du 2e trimestre de 2012 contre 2600 un an plus tôt. Il s’agit d’un bond de 38,5 pour cent.

Contre une année record

Selon Ann Brunet Beaudry, analyste du marché à la direction régionale d’Emploi Québec, ces chiffres, bien qu’exacts, donnent une image un peu faussée de la réalité.

«En 2011, l’Abitibi-Témiscamingue a connu des performances historiques en dépassant les 70 000 emplois, une situation qu’on n’avait pas vécue depuis de nombreuses années. On a même enregistré des records dans la deuxième moitié de 2011, avec 74 400 emplois au 3e trimestre. Il est donc inévitable qu’on obtienne une image négative si l’on compare 2012 à 2011», indique-t-elle.

L’économie demeure très dynamique

Par contre, si l’on évalue le 2e trimestre de 2012 par rapport au 1er, le portrait change du tout au tout, alors que pratiquement tous les secteurs d’emploi ont connu une hausse. «Nous ne sommes pas aux niveaux de 2011, mais l’économie demeure en très bonne santé. Avec 68 800 emplois au 2e trimestre contre 65 900 au 1er, on voit que le marché reste encore très dynamique», fait valoir Mme Brunet Beaudry.

Et les mines?

Plusieurs ont montré du doigt l’attraction exercée par les mines pour expliquer le recul des emplois dans plusieurs secteurs de l’économie régionale. Selon Ann Brunet Beaudry, s’il est vrai que le secteur minier attire beaucoup de monde, il ne faut toutefois pas rejeter le blâme sur ses épaules.

«Les départs à la retraite jouent un rôle important dans ce portrait. Ainsi, entre le 1er et le 2e trimestre de 2012, le nombre d’emplois dans le secteur de la foresterie et des mines a reculé de 11,7 pour cent, passant de 9400 à 8300 emplois. Il faut aussi garder en tête que ce secteur ne compte que pour 12 pour cent des emplois totaux de la région», signale-t-elle.

Organisations: Emploi Québec

Lieux géographiques: Abitibi-Témiscamingue

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