Ultimatum à Matamec

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Patrick Rodrigue
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Le projet de Kipawa ne se fera pas sans l’accord des Algonquins

Les Nations algonquines d’Eagle Village et Wolf Lake au Témiscamingue lancent un ultimatum à Matamec Explorations: sans un accord entre les trois parties, les Algonquins empêcheront la compagnie de poursuivre ses activités sur le site du projet de terres rares Zeus à Kipawa.

Visite du gîte de terres rares Kipawa du projet Zeus en avril 2011.

Dans une lettre récemment expédiée à Matamec, les chefs des deux Nations ont fixé au 6 juillet la date avant laquelle la société devait conclure un accord comme quoi elle s’engage à les consulter, à leur expliquer les détails et les impacts du projet et à obtenir leur consentement avant de poursuivre ses démarches. Ils réclament également un accommodement à l’égard de leurs droits ancestraux sur ce territoire.

Les deux Nations ont aussi avisé de la situation le groupe Toyota Tsusho America, avec qui Matamec est à finaliser les démarches pour un partenariat.

Dans une impasse

Les chefs reprochent à Matamec de ne pas avoir donné de suite aux négociations sur un protocole d’entente d’exploration qui avaient commencé entre les gouvernements des deux Nations du sud du Témiscamingue et la société.

«Depuis la dernière réunion, en avril, Matamec a échoué à convenir d’une version finale du protocole en vue de sa signature. Pendant ce temps, sans informer les chefs algonquins de ses activités, la compagnie s’est rendue sur le site et a procédé à des forages, à l’élaboration d’une usine-pilote pour le traitement du minerai et à la négociation d’un accord de coentreprise avec Toyota Tsusho America», ont dénoncé Madeleine Paul, chef d’Eagle Village, et Harry St. Denis, chef de Wolf Lake, dans un communiqué.

Conforme à la loi

Selon les deux signataires, Matamec doit respecter les droits ancestraux des deux Nations algonquines, étant donné que le projet Zeus est localisé sur un territoire autochtone non cédé. Du même souffle, ils reconnaissent cependant que la société n’agit pas dans l’illégalité.

«Il n’existe actuellement aucun processus convenu pour la province de Québec contraignant une société minière à répondre à ses obligations de consultation et d’accommodement afin d’obtenir le consentement des peuples algonquins sur les impacts potentiels des activités minières sur leurs droits et au titre qu’ils détiennent sur leurs terres», ont-ils déploré.

Radioactivité

Outre le respect de leurs droits ancestraux et territoriaux, Eagle Village et Wolf Lake s’inquiètent aussi des retombées nuisibles que pourraient entraîner la mise en opération d’une mine de terres rares sur leur territoire. Leurs préoccupations concernent particulièrement la gestion environnementale des résidus, qui émettront un léger taux de radioactivité, notamment en raison de la présence de faibles concentrations de matériaux radioactifs tels que le thorium et l’uranium.

«Nous voulons avoir une compréhension précise des impacts sociaux, culturels et environnementaux de la construction et de l’exploitation de la mine proposée, y compris le traitement associé à l’extraction de ce minerai, avant même de penser à donner notre consentement au développement de la mine», ont fait savoir les chefs Paul et St. Denis.

Organisations: Groupe Toyota Tsusho America

Lieux géographiques: Kipawa, Eagle Village, Wolf Lake Impasse Les Témiscamingue America Province de Québec

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