La forêt boréale est-elle mieux armée contre la tordeuse?

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Patrick Rodrigue
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Vingt ans après avoir subi une véritable hécatombe, la forêt boréale sera-t-elle en mesure de résister à un nouvel assaut de la tordeuse des bourgeons de l’épinette (TBE)?

Guillaume Sainte-Marie

Dans le cadre du 6e colloque du Centre d’étude de la forêt, organisé pour la première fois à Rouyn-Noranda les 24 et 25 avril, Guillaume Sainte-Marie, étudiant au doctorat à l’UQAM, s’est intéressé à l’efficacité des méthodes de protection contre cet insecte ravageur. Négligeant volontairement les techniques employées après une infestation, par exemple l’épandage d’insecticide, il s’est concentré sur les méthodes préventives.

Transformer la forêt

«Mes simulations ont permis de démontrer qu’en manipulant la composition de la forêt pour la rajeunir et la rendre plus mixte en y incorporant davantage de feuillus, on pouvait la rendre plus résistante face aux épidémies», a-t-il indiqué.

Cependant, le passage d’une forêt entièrement composée de conifères à une forêt mixte ne permet pas de compenser entièrement la perte de matière ligneuse résineuse. Une simulation d’épidémies sur un territoire de 1000 km2 en Gaspésie, où prédominait le sapin – l’essence favorite au menu de la TBE en dépit de son nom – lors de l’épidémie de 1967-1992, a démontré que l’accroissement du volume en matière ligneuse chez les feuillus couvrait à peine la moitié du volume perdu en résineux.

«La solution pourrait donc consister à aménager les peuplements purs de sapins de façon à y intégrer davantage de feuillus tout en y insérant des plantations d’épinettes noires au travers. Par contre, ces plantations pourraient également attirer d’autres sortes d’insectes, tout en rendant la forêt plus sensible aux incendies. Le problème est donc complexe», a fait observer Guillaume Sainte-Marie.

La dernière épidémie de TBE, qui s’est étendue sur 25 ans, a entraîné de la mortalité sur quelque 12,9 millions d’hectares de forêts commerciales. Selon les calculs réalisés par le ministère des Ressources naturelles, l’insecte y aurait détruit de 139 à 238 millions de mètres cubes de bois en forêt publique. À cette époque, l’industrie forestière y récoltait environ 23 millions de mètres cubes de bois par année.

Organisations: Centre d’étude, UQAM, Ministère des Ressources naturelles

Lieux géographiques: Rouyn-Noranda, Gaspésie

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