L’avenir du bois passe-t-il par le plastique?

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Patrick Rodrigue
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À l’heure où l’Abitibi-Ouest s’apprête à vivre une 5e journée thématique sur la biomasse forestière, mine de rien, depuis maintenant trois ans, une poignée de chercheurs établis à La Sarre vivent déjà au rythme du futur.

Inauguré à la fin de mars 2009, le Laboratoire de biomatériaux de l’UQAT travaille sur plusieurs matériaux d’avenir dans le secteur des composites de bois. Son projet-vedette, le bois-plastique, pourrait révolutionner la conception de plusieurs produits tout en valorisant un déchet.

«Les avantages de ce matériau composé de fibre de bois et de matière plastique, c’est que le bois vient renforcir la structure du plastique, tandis que le plastique protège le bois contre l’humidité, explique Sébastien Migneault, étudiant au post-doctorat en génie et chercheur au Laboratoire. Le bois-plastique permet aussi de valoriser un déchet, à savoir la sciure et les écorces, et on peut le mouler dans la forme qu’on désire tout en n’ayant aucune perte.»

Par contre, alors que le bois-plastique est en plein essor aux États-Unis, le marché au Québec est à peu près inexistant à l’heure actuelle.

Il suffirait pourtant de changer quelques habitudes, estime M. Migneault. «On peut remplacer plein de produits en plastique par du bois-plastique. Je pense notamment aux cadres de porte, aux contours de fenêtre, aux bancs de parc ou aux poubelles publiques. Bref, tout ce qui est déjà en plastique moulé», indique-t-il.

Plusieurs axes de recherche

Le Laboratoire de biomatériaux travaille aussi sur d’autres projets, notamment sur la valorisation des boues de papetières, un résidu produit à coup de tonnes chaque jour et pour lequel il n’existe présentement aucun débouché autre que l’enfouissement ou l’incinération. «On évalue la possibilité de concevoir un composite boue-plastique», fait savoir Sébastien Migneault.

Les chercheurs testent également un procédé de séchage du bois sous vide. «Cela requiert une température moins élevée, donc moins d’énergie. Le séchage prend aussi moins de temps, ce qui donne un bois moins coloré et moins déformé par le processus», précise M. Migneault.

Bénéfices à long terme

Trois ans à peine après son inauguration officielle, le laboratoire, qui emploie moins d’une dizaine de personnes, professeurs-chercheurs et étudiants confondus, arrive déjà à une croisée des chemins, selon sa directrice administrative, Annette Morin-Drouin.

«On évalue que chaque dollar investi en recherche en rapporte sept. Mais ce sont des résultats à long terme» Annette Morin-Drouin

On ne veut plus seulement dépendre des fonds publics, alors on est rendu au stade où l’on se cherche des partenaires privés pour s’autofinancer, mentionne-t-elle. On a réalisé de petits travaux pour quelques compagnies, mais pas encore de projet d’envergure. Les bénéfices sont pourtant indéniables. On évalue que chaque dollar investi en recherche en rapporte sept. Mais ce sont des résultats à long terme.»

La 5e journée d’information sur la biomasse, organisée par la SADC d’Abitibi-Ouest, aura lieu le 12 avril au Motel Villa Mon Repos de La Sarre. L’inscription, au coût de 30 $, comprend les conférences de l’avant-midi et les visites de l’après-midi. Pour information et inscription: www.sadcao.com ou 819-333-3113.

Organisations: Laboratoire de biomatériaux, UQAT

Lieux géographiques: États-Unis, Québec

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