L'usine Résolu d'Amos obtient un sursis

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Martin Guindon
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Les employés se sont sacrifiés, la balle est dans le camp de la compagnie

L'usine de papier journal de Produits forestiers Résolu d'Amos obtient un sursis, alors que les employés syndiqués ont accepté de faire les frais de nouvelles concessions. C'est maintenant au tour de l'employeur de faire sa part, estime Gilles Chapadeau, représentant régional de la FTQ.

L'usine de papier journal Résolu d'Amos.

Les travailleurs ont en effet accepté l'entente négociée entre le syndicat local affilié au SCEP/FTQ et la direction de l'usine dans une proportion de 67 pour cent (81 pour, 41 contre selon nos informations), en fin de journée, à la date limite du 30 mars fixée comme ultimatum par la compagnie. Si le contenu de l'entente n'a pas été divulgué, le syndicat a toujours affirmé que l'employeur exigeait une réduction de la masse salariale de 2,6 M $ afin de rendre l'usine plus compétitive. De plus, selon Radio-Canada, les employés auraient accepté une coupure de 28 postes.

«On n'obtient aucune garantie. En fait, la seule garantie qu'on a, c'est qu'il faut travailler encore plus fort pour convaincre Résolu et le gouvernement du Québec pour investir dans cette usine. Nous l'avons rendue plus compétitive au niveau de la masse salariale à la tonne de papier produite. Maintenant, elle doit le devenir aussi au niveau de l'énergie et de la matière première, sinon ce sera assez difficile d'en assurer la survie», affirme M. Chapadeau.

Pas encore tirée d'affaire

Ainsi, selon lui, l'usine n'est pas encore tirée d'affaire, loin de là. «Nous sommes au début de quelque chose d'autre. Il faut lancer la mobilisation pour sauver cette usine. Ce que les employés viennent de donner, c'est un sursis. Ça nous donne du temps, mais pas beaucoup de temps. Il faut se mettre en marche immédiatement», estime le représentant régional de la FTQ.

Il devient impératif que la compagnie modernise l'usine pour réduire ses coûts et que Québec l'appuie financièrement. Il interpelle donc les élus régionaux, en particulier le ministre Pierre Corbeil, à qui il demande d'être proactif dans ce dossier. «Il faut aussi que Québec se donne une vision plus globale. Ça ne fait aucun sens que le gouvernement investisse dans usine et en mette une autre à mort», déplore Gilles Chapadeau.

Chérubin soulagé

Pour sa part, le maire Ulrick Chérubin a poussé un soupir de soulagement quand il a appris que les employés avaient accepté l'entente avec Résolu. «Je suis très soulagé, même si le sacrifice consenti par les employés est énorme. Ils ont fait la preuve qu'ils sont attachés à cette usine», a-t-il déclaré.

Selon lui, la balle est maintenant dans le camp de Résolu. «C'est maintenant aux dirigeants de la compagnie de démontrer qu'ils veulent eux aussi garder l'usine ouverte. Les employés ont fait leur part, c'est au tour de la compagnie de faire la sienne. S'ils ont besoin du maire, des députés et du ministre pour aller voir le gouvernement pour obtenir de l'aide pour réaliser leur projet de récupération de vapeur pour réduire les coûts d'énergie, je serai à leurs côtés dès lundi», a lancé le maire Chérubin.

En sa qualité de président de la Conférence régionale des élus, il a aussi salué ce sursis. «C'est une usine qui a une portée régionale. C'est la seule qui reste dans le domaine des pâtes et papier en Abitibi. On en a besoin. On n'acceptera jamais que notre matière première quitte la région pour aller enrichir des gens ailleurs. C'est donc une bonne nouvelle pour l'économie d'Amos, mais aussi de l'Abitibi-Témiscamingue», a-t-il fait valoir.

Nous n'avons toujours pas obtenu de réactions de la part de Produits forestiers Résolu. Toutefois, en début de semaine, le porte-parole Pierre Choquette avait confirmé que peu importe ce qui découlerait des discussions, l'arrêt temporaire de l'usine, lié aux conditions de marché difficiles, serait prolongé jusqu'au 16 avril.

Voyez nos articles précédents sur le sujet:

Résolu Amos: les discussions se pousuivent

Résolu confirme l'ultimatum lancé aux employés

 

L'usine Résolu d'Amos menacée de fermeture? 

 

Organisations: FTQ, Conférence régionale des élus, Produits forestiers Résolu

Lieux géographiques: Québec, Abitibi, Abitibi-Témiscamingue Amos

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