Encore «dix ans difficiles» pour l’industrie forestière

Louis
Louis Lavoie
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Guy Chevrette affirme que les jours sombres sont loin d’être terminés pour l’industrie forestière québécoise et que celle-ci mettra encore une décennie avant de reprendre sa pleine vigueur.

«On n’est pas au bout de nos peines», a prévenu le président-directeur général du Conseil de l’industrie forestière du Québec (CIFQ), lors d’une conférence de presse donnée ce matin à Val-d’Or, dans le cadre de sa tournée d’adieu qu’il débutait par l’Abitibi. M. Chevrette quittera ses fonctions le 31 décembre prochain. Il sera remplacé par André Tremblay.

Selon M. Chevrette, la pente sera longue à remonter. «Il y a encore dix ans difficiles pour l’industrie, ne s’est pas caché pour dire le PDG du CIFQ. La reprise devrait reprendre d’ici deux ans. Elle sera lente, mais régulière. On va rebondir, mais ça va prendre du temps. Il faudra être patient.»

Perte d’emplois

L’industrie forestière est plongée dans une crise sans précédent depuis cinq ou six ans, ce qui a provoqué la fermeture de plusieurs usines et la perte de nombreux emplois au Québec et en région. «On ne peut pas être pire que l’on est présentement. On a atteint un creux historique. Quand j’ai accepté de travailler pour l’industrie forestière, je ne pensais jamais vivre un tel fracas. C’est du jamais vu dans l’histoire du Québec. Personnellement, je me suis battu avec toute l’énergie que je pouvais avoir», a-t-il lancé.

M. Chevrette a ajouté que les gouvernements n’en ont pas assez fait pour supporter une industrie qui, selon lui, demeure malgré tout importante au Canada avec 525 000 emplois. «Le fédéral a donné beaucoup plus d’argent au secteur de l’automobile, qui emploie environ 300 000 travailleurs au pays. Nous n’avons même pas reçu 10 pour cent de l’aide qu’a touchée cette industrie. C’est un non-sens. De plus, j’ai crié pendant cinq ans envers le provincial pour qu’il nous supporte. Il n’a jamais voulu nous accompagner dans le plan de consolidation des forestières», a-t-il dénoncé

Nouveaux produits

Selon M. Chevrette, l’industrie forestière ne redeviendra jamais ce qu’elle était avant cette crise, même s’il croit cependant qu’elle restera un levier économique important pour les régions-ressources.

«On ne se le cachera pas, il y a encore des joueurs qui vont disparaître, a-t-il reconnu. La demande pour le papier journal est en chute libre, alors que celle pour notre bois d’œuvre est au plus bas. Pour s’en sortir, il faut développer et offrir de nouveaux produits de qualité que la concurrence asiatique, par exemple, ne pourra pas imiter. On a des essences de bois ici qui peuvent nous permettre de le faire.» «Une chose est certaine, a-t-il assuré, c’est qu’on va rebondir. L’industrie forestière ne disparaîtra pas parce qu’elle dispose d’une ressource qui est renouvelable. Il y a des projets qui sont sur la table et beaucoup de recherche qui se fait sur de nouveaux produits. Ne manque qu’un accès plus facile au capital pour faciliter leur commercialisation. Présentement, les banques sont frileuses face à une industrie qui vit des jours difficiles.»

Même si l’industrie forestière se trouve dans un important creux de vague, M. Chevrette rappelle qu’elle génère encore 14 milliards de dollars de retombées économiques au Québec, dont presque le tiers se retrouve dans les coffres du gouvernement en impôts et taxes diverses.

Organisations: Conseil de l’industrie forestière du Québec, CIFQ

Lieux géographiques: Québec, Val-d’Or, Abitibi Canada

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