Une recherche qui a séduit les lecteurs de Québec Science

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Patrick Rodrigue
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Deux chercheures en foresterie de l'UQAT réalisent trois premières

(avec la collaboration de Martin Guindon) - Parce que leur découverte pourrait conduire à une véritable révolution dans la manière de pratiquer la foresterie, deux chercheures de l’UQAT ont vu leurs travaux consacrés Découverte de l’année par les lecteurs de la revue scientifique Québec Science, ayant obtenu un peu plus de 20 pour cent des 1500 suffrages exprimés.

Annie DesRochers, professeure à la Chaire en aménagement forestier durable de l'UQAT, et Émilie Tarroux, étudiante au doctorat en Sciences de l'environnement au campus d'Amos, ont reçu cet honneur en personne, le mardi 3 avril, dans le cadre d'une cérémonie organisée en secret dans la grande salle du Carrefour du savoir Harricana, à Amos.

Ces chercheures, rappelons-le, ont constaté que, au lieu d'être en compétition, comme l'admettait jusqu'alors la communauté scientifique, les arbres se partageraient plutôt les nutriments et les ressources disponibles en fusionnant leurs racines, un peu à la manière d'un organisme géant.

Cette relation pourrait cependant chambarder en profondeur les méthodes d'exploitation de la matière ligneuse. À l'heure actuelle, les pratiques consistent à favoriser la croissance des arbres dits prometteurs en éliminant les arbres plus vieux ou malades et les jeunes pousses lorsque leur densité est trop élevée.

Trois premières

Mis sur pied il y a 20 ans, mais devenu Prix du public il y a seulement sept ans, ce concours scientifique vient de vivre trois premières en simultanée.

«D'abord, les six derniers prix ont été octroyés pour des recherches en médecine. C'est la première fois que les lecteurs nous ont demandé de couronner une recherche en environnement, plus spécifiquement en foresterie. C'est aussi la première fois que c'est une université du réseau de l'Université du Québec qui l'emporte. Et c'est la première fois que ce sont des femmes qui sont choisies», a souligné le rédacteur en chef de Québec Science, Raymond Lemieux.

Le début, pas la fin

Annie DesRochers a remercié tous les partenaires du milieu impliqués et les stagiaires qui ont travaillé à ce projet de recherche. Elle a aussi raconté comment elle avait senti dans ses échanges par courriel avec Émilie qu'elle était la personne avec le caractère et le cran nécessaires pour attaquer un tel projet de recherche qui lui tenait à cœur.

«Je veux dire que c'est juste le début et pas la fin, a déclaré pour sa part Mme Tarroux. Nous on a encore beaucoup de choses qu'on voudrait étudier. On a étudié le pin gris, maintenant on voudrait aussi étudier l'épinette noire, qui a une grande valeur commerciale ici au Québec. Un autre point intéressant que l'on veut regarder, c'est dans des peuplements mixtes. On a vu des greffes racinaires entre des pins gris et des épinettes noires. On veut savoir ce que font deux arbres d'une espèce différente. Est-ce qu'ils s'entraident? Ou est-ce qu'au contraire, la compétition est encore plus forte via les greffes? Bien sûr, si on trouvait qu'ils s'entraident, alors là, je pense que c'est le Prix Nobel, quasiment, non?», a-t-elle ajouté avec humour.

Rayonnement et répercussions

«Ce prix fait rayonner l'Université et vous pouvez en être fières. Il vient démontrer que la recherche hors des universités de grande taille est aussi de qualité», a souligné Lyne Sauvageau, vice-présidente à l'enseignement et à la recherche de l'Université du Québec.

«C'est une très belle reconnaissance que vous recevez et qui aura des répercussions sur l'UQAT et sur tout le réseau de l'Université du Québec», a renchéri la rectrice Johanne Jean, qui les a félicitées en son nom personnel et au nom de la communauté de l'UQAT.

La chercheure Annie DesRochers détaille les résultats de ses recherches ici.

Notre collègue Martin Guindon avait réalisé en juin 2010 une entrevue avec Émilie Tarroux, qui était alors en passe de devenir la première docteure de l'UQAT à Amos.

Organisations: UQAT, Université du Québec, Québec Science

Lieux géographiques: Campus d’Amos

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