Le doyen de l'Assemblée nationale du Québec a d'abord fait une entrée triomphale au bras de Pauline Marois, chef du Parti québécois et de l'Opposition officielle, dans la grande salle du Complexe hôtelier Amosphère. Les quelque 200 personnes présentes lui ont chanté en chœur Mon cher François, pendant qu'il les saluait tous un à un personnellement.
Le président de l'exécutif du PQ d'Abitibi-Ouest, Gabriel Massicotte, lui a rendu hommage et lui a souhaité de «garder cette grande passion qui t'anime». Ensuite, son amie de longue date et fière militante Raphaëlle Robitaille lui a lu un superbe texte de son cru, intitulé Un homme, un arbre.
Il a tout connu à l'Assemblée nationale
Les invités ont aussi eu droit à une revue en photos teintée d'humour de sa carrière politique, par l'animateur et comédien Pascal Binette. Puis, ce fut au tour de Pauline Marois de prendre la parole, elle qui a fait modifier son agenda fort chargé pour être présente à cette fête.
Soulignant son langage coloré et imagé, elle a affirmé que les députés de tous les partis l'écoutaient à Québec. «Si on l'écoute, c'est aussi pour une autre raison. C'est parce que c'est la sagesse qui parle, une sagesse qui a gardé toute sa fougue. Il a tout vécu comme député. Il est capable de décortiquer un projet de loi d'un coup d'œil, de départager le bon grain de l'ivraie et il connaît la réalité du terrain», a-t-elle assuré.
L'échine solide
Puis, faisant état de ses nombreuses victoires consécutives, incluant celles des référendums de 1980 et 1995 dans son comté, elle a ajouté: «C'est important dans une équipe d'avoir des joueurs comme lui, qui savent ce que cela prend pour gagner et qui savent rester calme dans l'épreuve. Au Parti québécois, on a la chance de compter sur le plus solide vétéran de l'Assemblée nationale, a-t-elle dit sous les applaudissements. Et je le dis, il faut avoir une échine exceptionnelle pour durer 35 ans.»
Pauline Marois a ensuite eu de bons mots pour l'épouse de M. Gendron, Madeleine Gagnon, la qualifiant de femme généreuse, de mère aimante, de militante convaincue et de bénévole infatigable. «Merci Madeleine de nous avoir prêté François durant toutes ces années. Mais si tu le veux bien, on le garderait encore pour un bon bout de temps, on a besoin de lui», a-t-elle conclu.
Les autres avant lui
Touché, François Gendron a de nouveau fait passer les autres avant lui, rendant à son tour hommage à plusieurs personnes. D'abord à Mme Marois («Je connais peu de personnes qui ont l'énergie qu'elle a, qui ont cette capacité absolument extraordinaire.»). Puis à sa famille, plus particulièrement son épouse «qui effectivement m'a toujours bien accompagné et qui m'a permis… de ne pas être souvent chez nous», a-t-il déclaré, la voix nouée par l'émotion.
Il a salué ses frères d'armes du Bloc québécois, Marc Lemay et Yvon Lévesque, défaits en mai («Ils l'ont pris dur, ils l'ont pris personnel, mais de grâce, tournez la page, parce que ce n'est pas vous qu'on a rejetés.») ainsi que Jean-Paul Bordeleau, élu avec lui en 1976, mais dans Abitibi-Est.
Comme en 76
«Ce que je trouve le plus extraordinaire, c'est que vous me faites revivre, à une échelle différente, 76. Sincèrement. Je sens de l'amour, de l'atmosphère, de l'idéal et de la fierté», a-t-il lancé, avant d'évoquer la beauté du souvenir de cette élection historique, puis les valeurs de social-démocratie et d'honnêteté qui ont guidé les différents gouvernements péquistes dans leurs grandes réalisations au fil des décennies.
«Ce que je trouve le plus extraordinaire, c'est que vous me faites revivre, à une échelle différente, 76» - François Gendron
«Mille mercis, je vous aime beaucoup. Je vous ai toujours sentis comme étant proches. Vous m'accompagnez tout le temps. Et le problème que ça fait, c'est qu'on a presque envie de dire: je vais tu être obligé de continuer pour voir ce qu'ils vont me faire encore la prochaine fois? À chaque fois dans mon comté, ça marche, et on a encore la passion de vous servir… jusqu'à nouvel ordre. Tant que je ferai la job, je vais la faire pleinement, avec cette relation de confiance, cette relation affective que j'ai développée grâce à vous. Merci beaucoup», a conclu celui qui fera l'objet d'un nouvel hommage, cette fois à l'Assemblée nationale, le 15 novembre, date anniversaire de sa première élection.
Voyez la vidéo des extraits l'hommage qui a été rendu à François Gendron, dont celui de Pauline Marois, chef du Parti québécois.
Voyez et entendez le texte écrit et lu par Raphaëlla Robitaille, en honneur de François Gendron.
Voyez la 1re partie des extraits du discours de François Gendron.
Et voici la 2e partie des extraits du discours de François Gendron.
Voyez notre galerie de huit photos de l'événement.


