Lors de sa dernière assemblée publique, tenue le 21 juin, le conseil municipal a en effet refusé à Mme Bastien l’autorisation de construire un restaurant A&W à cet endroit, un terrain appartenant à un promoteur privé que la Ville tient à réserver pour la construction d’immeubles à logements.
En vain, la promotrice a fait valoir que cet emplacement serait idéal pour ce type de restaurant pour plusieurs raisons, notamment le besoin d’un grand terrain de 30 000 pieds carrés puisque le nouveau A&W offrirait un service à l’auto, le fait qu’il n’y a présentement aucun service de restauration dans le secteur alors qu’on y retrouverait quelque 900 travailleurs en incluant le parc industriel, que le resto serait facile d’accès et que la circulation ne serait pas engorgée par sa présence à cet endroit.
«Vos arguments sont bons, mais comme maire, je ne peux pas me permettre de perdre des terrains pour le logement, lui a répondu Mario Provencher. On vient de perdre 64 logements (avec le référendum dans Montée-du-Sourire) et nous aurons 42 personnes dans la rue le 1er juillet. Notre priorité sur l’avenue Québec est le développement du logement. De plus, ça prendrait un changement de zonage pour construire un restaurant sur ce terrain, mais on le sait, les changements de zonage, ce n’est pas très gagnant par les temps qui courent…», a-t-il mentionné en faisant allusion au récent référendum perdu par le conseil municipal.
La Ville a proposé d’autres endroits à Mme Bastien, mais selon elle, les terrains en question sont mal situés ou trop petits pour ce type de restaurant. Si ça ne fonctionne pas à Rouyn-Noranda, la femme d’affaires va étudier la possibilité de construire son A&W à Kirkland Lake. «Je n’investirai pas au-dessus d’un million $ dans un projet sans être assurée de construire à un endroit où ça va marcher», a-t-elle signalé.
UNE PÉTITION CONTRE DES STATIONNEMENTS
Par ailleurs, des citoyens du quartier Sacré-Cœur ont remis au conseil municipal une pétition signée par 132 personnes pour exprimer leur opposition à la création de 10 nouveaux espaces de stationnement près de l’ancienne église Sacré-Cœur, espaces requis pour permettre la tenue d’une nouvelle activité commerciale (des cours de danse) au sous-sol de cette bâtisse de l’avenue Murdoch.
Ces citoyens ne veulent pas perdre le petit boisé qui se trouve dans le secteur. «Comme les cours se dérouleraient après 17h, il y aurait de la place pour se stationner dans la rue, a soutenu une dame. Quelle est la logique? Ce n’est pas une bonne solution pour la qualité de vie.» «Cette petite forêt urbaine est un joyau et on veut en profiter, a repris une autre citoyenne. Il existe d’autres solutions plus harmonieuses.»
De son côté, le maire Provencher a indiqué que c’est le problème du promoteur (Guy Leclerc), pas de la Ville. «Si le promoteur n’ajoute pas 10 espaces de stationnement, il ne pourra pas installer une école de danse à cet endroit», a-t-il signifié.
Une rencontre est prévue la semaine prochaine entre le promoteur et les citoyens concernés. La Ville prévoit y envoyer des fonctionnaires en observation.
QUÉBEC BRANLE DANS LE MANCHE
D’autre part, le conseil municipal de Rouyn-Noranda a adopté une résolution visant à demander officiellement au gouvernement du Québec d’agir plus rapidement dans le projet de l’immeuble de 24 unités pour personnes à besoins particuliers. Ça branle dans le manche à Québec, on dirait bien.
«Quand les membres du gouvernement viennent ici, que ce soit le premier ministre ou le député Bernard, ils nous disent que c’est difficile de développer le logement parce qu’il manque de promoteurs, a rappelé le conseiller Philippe Marquis.
«Mais dans ce cas-ci, a-t-il ajouté du même souffle, le promoteur est là (l’Office municipal d’habitation), l’entente est prise avec la Commission scolaire pour le terrain, et le projet est déposé depuis octobre. Tout est prêt et on ne comprend pas ce qui se passe. On espère que ce ne sera pas reporté à cause d’élections provinciales à l’automne…», a défilé M. Marquis.



