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«Je suis estomaqué et bouleversé»

La famille dans la salle à dîner du Costa Concordia, en compagnie du garçon de table Basheer Ahmed. La femme enceinte de ce dernier l’attendait en Inde d’ici les sept prochains mois, mais a-t-il survécu au naufrage? De gauche à droite: Michel Ladouceur, sa conjointe Andréanne Guilmette, Jacques Ladouceur, M. Ahmed, Korine Ladouceur et Hélène Pratte.(Photo: gracieuseté)

La famille dans la salle à dîner du Costa Concordia, en compagnie du garçon de table Basheer Ahmed. La femme enceinte de ce dernier l’attendait en Inde d’ici les sept prochains mois, mais a-t-il survécu au naufrage? De gauche à droite: Michel...

Myriam Grenier
Publié le 24 Janvier 2012
Publié le 24 Janvier 2012
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Jacques Ladouceur et sa famille ont quitté le Costa Concordia quelques jours avant le naufrage

Une bonne étoile plane sur le Valdorien Jacques Ladouceur et sa famille. En quittant la croisière du Costa Concordia, le lundi 9 janvier, ils ne se doutaient pas que, 96 heures plus tard, un naufrage ferait au moins 15 morts et une vingtaine de disparus, en date d’aujourd’hui.

Sujets :
Île du Giglio , Toscane

Le bateau italien gît encore au large de l’Île du Giglio, en Toscane. Plus de 4000 personnes se trouvaient à bord, passagers et membres d’équipage inclus.

«Je suis estomaqué et bouleversé par cette nouvelle, d’autant plus que nous avions le même capitaine (Francesco Schettino, incarcéré après le naufrage). On ne s’imagine pas qu’une telle chose puisse arriver dans un si gigantesque bateau. On s’y sent à l’épreuve de tout et à l’abri», raconte M. Ladouceur.

De l’empathie

Ce dernier se sent surtout très empathique envers les personnes impliquées dans le drame, gens qu’il a côtoyés dans certains cas.

«Habituellement, durant la croisière, les mêmes passagers demeurent dans le bateau. Mais dans celle-ci, à chaque ville que nous arrêtions, des passagers débarquaient et de nouveaux embarquaient. Environ 80 pour cent des naufragés étaient donc avec moi», estime le voyageur.

Il lui revient donc en mémoire plein de souvenirs de son voyage. «Je revois la petite fille de 5 ans, blonde. Elle courait et souriait. Je sais qu’une fillette est décédée avec son père. Je me demande si c’est elle..., s’inquiète Jacques Ladouceur. Je pense aussi au serveur, puis au garçon de l’entretien ménager de notre chambre, si souriant…»

Sécuritaire, ce bateau?

Après les événements, Jacques Ladouceur se dit frappé par le manque de sécurité sur ce bateau de croisière.

«J’ai effectué deux croisières avant celle-ci, avec une compagnie différente. On devait obligatoirement faire un exercice de sécurité. On avait un bracelet que l’on devait remettre, pour s’assurer de notre participation. On enfilait les vestes de sauvetage et on connaissait la chaloupe qui nous était attribuée en cas de naufrage, se remémore-t-il. Mais sur le Costa Concordia, rien de comparable.»

En effet, les passagers ont seulement pris part à une séance d’information via une présentation vidéo. «Mon épouse (Hélène Pratte) est allée à celle de 17h, et moi, j’avais prévu me présenter à 18h, pour celle en anglais. Mais le responsable francophone m’a dit: votre épouse y est allée, alors pas besoin d’y retourner. J’ai trouvé cela peu étoffé et simpliste», relate Jacques Ladouceur.

«Je revois la petite fille de 5 ans, blonde. Elle courait et souriait. Je sais qu’une fillette est décédée avec son père. Je me demande si c’est elle…» - - Jacques Ladouceur

Où se trouve le capitaine?

De plus, pour certains nouveaux passagers dans l’impossibilité de se présenter aux rencontres, disponibles sur des heures précises seulement, impossible de connaître les règles de sécurité.

«Ce n’est donc pas étonnant que, lors du naufrage, plusieurs personnes se soient trouvées prises au dépourvu. Quand tu ne sais pas quelle chaloupe emprunter, ni où aller, et surtout, quand même le capitaine se sauve, ce n’est pas fort», dénonce M. Ladouceur.

Poursuivre les voyages

Malgré ce drame auquel il a échappé, Jacques Ladouceur ne craint pas de reprendre un bateau de croisière dans le futur.

«Les compagnies vont certainement resserrer les mesures de sécurité. Par contre, on ne pourra plus jamais emprunter le Costa Concordia, qui coulera au fond de l’eau. Je conserve ma carte magnétique de ce bateau. Il s’agit presque d’une pièce de collection maintenant», philosophe M. Ladouceur.

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